lundi 24 avril 2017

Présidentielle 2017 : les 4 divergences de fond entre Macron et Le Pen

Le Pen Macron 2

Les deux prochaines semaines s'annoncent musclées. Pour la deuxième fois de la Ve République, le Front national (FN) se retrouve au second tour de l'élection présidentielle, face au leader d'"En Marche !", formation politique née au printemps 2016

L'ancien ministre de l'Économie a réuni 23,86% des suffrages exprimés, là où la présidente du FN a obtenu 21,43% des voix. Depuis l'annonce des premiers résultats, de nombreuses voix de la classes politiques se sont prononcées à l'unisson pour faire barrage à l'extrême droite et appeler à voter en faveur d'Emmanuel Macron le 7 mai prochain, notamment François Fillon et Benoît Hamon, candidats malheureux de la droite et de la gauche de gouvernement.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen vont devoir confronter leur programme respectif. Des programmes radicalement différents, avec des divergences de fond sur les questions de société comme celles ayant trait à l'économie, en passant par la fiscalité et la politique à mener vis-à-vis de l'Union européenne (UE).

1- Sortie de l'Union européenne contre un projet de relance de l'UE

C'est au sujet de l'UE que les divergences entre les programmes de Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont les plus profondes. Là où la présidente frontiste a axé une large partie de sa campagne sur une remise en cause de la zone euro et de l'espace Schengen, Emmanuel Macron défend le lancement de conventions démocratiques dans l'ensemble des États de l'UE, à l'issue des élections allemandes de l'automne 2017, afin d'aboutir à un projet adopté par tous les pays le souhaitant

Marine Le Pen milite pour la tenue d'un référendum sur l'appartenance à l'Union européenne, et réclame la suppression de la directive sur les travailleurs détachés. Elle a également pris position contre le traité de libre-échange CETA entre l'UE et le Canada. Emmanuel Macron se présente comme un europhile, souhaitant établir un budget propre à la zone euro, la dotant par ailleurs de son propre Parlement et d'un ministre des Finances. Il désire toutefois plafonner à un an la durée autorisée de séjour d'un travailleur détaché et défend le CETA.

2- Réduire le solde migratoire contre l'examen rapide des demandes d'asile

C'est l'autre argument fort de Marine Le Pen. Au sujet de l'immigration, la présidente du parti à la flamme compte réduire le solde migratoire annuel à 10.000 personnes. Elle veut également supprimer purement et simplement l'acquisition de la nationalité française par le biais du droit du sol et durcirait les conditions de l'asile, de regroupement familial et rendrait impossible la régularisation des étrangers en situation illégale. Les criminels et délinquants étrangers seraient automatiquement expulsés de l'Hexagone.

Emmanuel Macron prône une politique plus ouverte. Contrairement à Marine Le Pen, il refuse l'interdiction du voile et du "burkini" dans l'espace public, et prend l'engagement d'examiner les demandes d'asile dans un délai inférieur à six mois, comprenant les recours. L'ancien occupant de Bercy promet aussi une prime de 15.000 euros sur trois ans, à chaque entreprise qui embauchera un jeune issu d'un quartier en difficulté.

3- La retraite à 60 ans pour Le Pen, l'unification des régimes pour Macron

Sur les questions sociales, Marine Le Pen souhaite l'abolition de la loi Travail et revenir à la retraite à 60 ans. Des mesures fermement combattues par Emmanuel Macron, qui prévoit en revanche d'unifier les régimes de retraite, et de faire passer l'assurance-chômage et la formation professionnelle dans le giron de l'État, alors qu'ils sont actuellement sous la houlette des partenaires sociaux.

Si les deux candidats souhaitent garder la durée hebdomadaire du travail à 35 heures, ils comptent tous deux rétablir l'exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires, qu'avait défendue Nicolas Sarkozy en 2007 avec son slogan "travailler plus pour gagner plus". Le leader d'"En Marche !" prône par ailleurs la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires, en épargnant la fonction publique hospitalière et en créant 10.000 postes de policiers et 4.000 à 5.000 postes d'enseignants.

Sur la fonction publique, la fille de Jean-Marie Le Pen défend davantage de personnel au service de l'État et des hôpitaux, mais moins dans la fonction publique territoriale. Elle promet par ailleurs 21.000 embauches dans la police et la douane.

4- La suppression du mariage pour tous contre la PMA pour toutes les femmes

Après l'Union européenne, c'est certainement sur les questions de société que les deux finalistes en course pour l'Élysée s'opposent le plus. Marine Le Pen, soutenue par un électorat conservateur, souhaite abolir le mariage homosexuel, adopté en 2013, et le remplacer par une union civile. Elle souhaite par ailleurs que la Procréation médicalement assistée (PMA) soit réservée exclusivement aux couples hétérosexuels stériles. Emmanuel Macron ne compte pas revenir sur la loi Taubira et défend, à l'inverse de sa concurrente, l'ouverture de la PMA à toutes les femmes.

Sur les questions liées à l'éducation, la présidente frontiste veut supprimer le collège unique et revenir sur la réforme des rythmes scolaires. Elle compte également rendre obligatoire le port de l'uniforme dans les établissements scolaires. Emmanuel Macron défend pour sa part l'autonomie des établissements pour le recrutement, et veut favoriser les zones d'éducation prioritaires en octroyant des primes aux enseignants et en réduisant les effectifs des classes. Il bannirait aussi les téléphones portables de l'école.

Par Clarisse Martin le 24/04/2017

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