vendredi 14 avril 2017

Présidentielle: Qu'est-ce que l'Alliance Bolivarienne à laquelle souhaite adhérer Mélenchon ?

Melenchon 2016

L’information était passée inaperçue jusque-là. Même pour Clémentine Autain la porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, prise au dépourvu jeudi sur le plateau de France Info lorsqu’on l’interroge sur la volonté de son candidat d’intégrer l' Alliance Bolivarienne. Pourtant, depuis qu’il est devenu favori des sondages, Jean-Luc Mélenchon répète à tout va sa volonté de rejoindre l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (Alba). Quelques jours plus tôt, Alexis Corbières, également porte-parole du candidat de gauche, c’est lui mis sur la défensive lorsque Patrick Cohen a évoqué la situation catastrophique du Venezuela, dans l’émission « C à vous », faisant référence à la fameuse alliance.

Un pacte fondé par Hugo Chavez et Fidel Castro

L’alliance bolivarienne (Alba en espagnol, c’est-à-dire « aube ») a été fondée le 14 décembre 2004 à la Havane 
par Hugo Chávez et Fidel Castro, un pacte économique, culturel et social conçu en opposition à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), pilotée par les Etats-Unis.

Elle tire son nom de Simon Bolivar (1783-1830), le « Libertador », général et homme politique devenu le héros du  Venezuela. Artisan de l’émancipation des colonies espagnoles sud américaines, il a joué un rôle décisif dans l’indépendance de laBolivie, Colombie, Équateur, Panama, Pérou et du Venezuela. Outre le Venezuela et Cuba, on trouve parmi les onze états membres l’Equateur, la Bolivie et plusieurs îles des Caraïbes. Mais si l’on regarde de plus près la liste des pays observateurs, on trouve quelques noms de pays pas très démocratiques comme l’Iran et la Syrie, et donc gênants pour le candidat à la Présidentielle.

Quel intérêt pour la France ?

Aujourd’hui, le Venezuela, pilier fondateur du pacte, traverse probablement la crise économique et sociale la plus grave de son histoire, entre hyper inflation, pénurie alimentaire et exode de la population. Difficile alors d’imaginer quel intérêt pourrait avoir la France à rejoindre une telle alliance… Sans oublier que les échanges commerciaux entre les pays de l’Alba et la France sont en baisse de 55 % sur dix ans, alors que les échanges avec le reste de l’Amérique latine ont augmenté de 29,5 % sur la même période.

Une proposition qui fait sourire les adversaires de Jean-Luc Mélenchon. Jeudi soir, Emmanuel Macron, invité d’un « Sommet des start-up » au Palais-Brongniart à Paris, ironisait sur cette nouvelle « fascination pour un visage romantique de la justice », faisant allusion à la percée spectaculaire dans les sondages du leader de la France insoumise. « En quelque sorte, votre serviteur est pris entre les feux de la réforme radicale où il faudrait passer le pays à la paille de fer sans proposer de la justice et de l’autre où le pays pourrait se relever dans l’alliance bolivarienne », a-t-il constaté, taclant à la fois François Fillon à droite et Jean-Luc Mélenchon à la gauche de la gauche.

Par Noémie Seguin le 14/07/2017

20 Minutes