mercredi 31 mai 2017

Après Fillon, Baroin choisit Macron

Baroin Macron

Tout comme François Fillon, qui avait appelé à voter pour Emmanuel Macron 5 minutes après la proclamation des résultats du premier tour, le sémillant François Baroin vient en effet de se prononcer, dans les pages du Figaro, pour un « désistement » de ses candidats au profit de ceux de Macronou du PS, ou de Mélenchon – en cas de victoire possible du FN dans une circonscription. Ce faisant, Baroin rompt avec le « ni-ni » prôné en pareil cas jusque-là par son parti. 

C’est même l’officialisation d’un retour au « bon vieux » prétendu Front républicain UMPS, étendu cette fois à La République En Marche, le parti du président.

« La position du mouvement, a cru devoir préciser Baroin, elle est connue depuis toujours (…) Les gaullistes sont les adversaires historiques du FN et de l’extrême-droite ».

Sauf que le Front National n’est pas d’extrême-droite, mais patriote. Et que François Baroin et son parti – qui ont soutenu le projet fédéraliste européen, sont atlantistes et ultra-libéraux, bref « Macron-compatibles » – n’ont plus rien de gaulliste depuis longtemps (contrairement à un Nicolas Dupont-Aignan).

L’ « opposition de Sa Majesté Macron »

En revanche, Baroin et son équipe ont tout de l’« opposition macron-compatible », comme l’a d’ailleurs souligné Marine Le Pen réagissant aussitôt à cette nouvelle contorsion politicienne de l’état-major républicain : « En abandonnant le ni-ni pour une stratégie visant à faire élire le maximum de députés du parti En Marche, M. Baroin apporte une énième confirmation de ce que nous répétons depuis des semaines : LR n’est pas un parti d’opposition à M. Macron, c’est un strapontin à la majorité présidentielle ». Et Florian Philippot d’avertir de son côté les électeurs « de la droite et du centre » : « LR ce n’est pas un bulletin de vote d’opposition, c’est un énième bulletin de vote Macron ».

On s’en doutait déjà à la lecture des tracts des candidats LR, qui expliquent que le Premier ministre Édouard Philippe étant « issu de la droite et du centre, il faut lui donner une majorité claire et cohérente pour engager les réformes dont la France a besoin » en faisant élire un maximum de députés LR !

À ce stade, autant que leurs malheureux électeurs votent directement pour les macronistes, ce sera plus simple pour eux – et Édouard Philippe ! De toute façon, ces électeurs « de droite » sont prévenus, par François Baroin lui-même : lui et ses amis n’incarneront pas, face à Macron et à son gouvernement, « une droite scrogneugneu ». Traduisez, ils seront une « opposition smiley » !

Les dirigeants du FN ne sont d’ailleurs pas les seuls à réagir négativement à cet énième changement de cap : Thierry Mariani, figure de la droite LR, a observé que « parler de retrait avant le premier tour, c’est complètement prématuré » Et il a ajouté : « Pour moi, la ligne à suivre est la suivante : on essaie de gagner le premier tour, puis on voit au cas par cas ». Il flotte décidément sur les Républicains un parfum de déchirement interne, de confusion électorale et de compromission politique, qui est peut-être tout simplement l’odeur de la décomposition….

Le 31/05/2017

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