lundi 22 mai 2017

Grande confusion à LR

Baroin

C’est peu dire que l’élection d’Emmanuel Macron a jeté une grande confusion au sein de LR et de l’UDI, qui s’est révélée plus crûment à l’occasion de la formation du gouvernement et maintenant des législatives. LR fustige les « traîtres » qui ont rallié le gouvernement en échange d’un maroquin, ils sont excommuniés

Mais que faire des traîtres potentiels, ceux que la direction appelle « les traîtres de demain » ?

C’est-à-dire la vingtaine de candidats investis par LR et l’UDI mais qui n’ont pas d’adversaires désignés par Macron contre eux ? Ceux-là sont suspectés d’être l’armée de réserve de la majorité parlementaire future au cas où les macronistes n’auraient pas la majorité absolue. Certains LR étant appelés à remplacer des ministres recalés par le suffrage universel.

Qu’en fait-on ? Réponse : les soutenir comme la corde le pendu. Emblématique de cette situation, NKM, candidate dans la circonscription parisienne laissée vacante par François Fillon. Mais le maire LR du VIe arrondissement, Jean-Pierre Lecoq, n’étant pas d’accord, a déposé sa candidature, ainsi qu’Henri Guaino. Lecoq a été suspendu de LR pour dissidence. Mais comme on demandait, sur RTL, à Christian Jacob, président du groupe LR, s’il soutenait NKM, il a répondu : « C’est elle qui a eu l’investiture, donc à partir de là… », c’est témoigner de plus de résignation que d’enthousiasme, d’autant qu’il ajoute : « Après, si vous me posez la question de savoir si Jean-Pierre Lecoq n’est pas un homme de valeur, eh bien, bien sûr que si ! » Autrement dit, si elle était battue par Lecoq, non seulement il ne porterait pas le deuil, mais il se réjouirait qu’elle soit ainsi privée du portefeuille ministériel qu’elle guigne

Au même moment, celui qui doit mener les troupes libérales à la bataille, François Baroin, ne tarissait pas d’éloges sur le nouveau ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer : « C’est probablement le meilleur de sa génération, qui a le plus travaillé et le plus compris ce qui est bon pour la formation de nos enfants. Je lui fais confiance. » Et de féliciter aussi, dans la foulée, le chef de l’Etat : « C’est un choix remarquable de la part du président Macron. » Y a-t-il d’autres ministres aussi « remarquables » ? Mais le plus remarquable, n’est-ce pas le président, qui a un tel talent pour composer ce gouvernement ? Est-il, dès lors, bien raisonnable de s’y opposer vraiment ? Son homologue de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, ne le pense pas, qui a estimé : « Nous pouvons travailler avec Emmanuel Macron. Il est suffisamment libéral pour que ça se passe bien. »

Baroin a lancé samedi : « Donnons une majorité à la France ! » Le lendemain, le Premier ministre lui aussi a affirmé : « Je veux donner une majorité au chef de l’Etat. » Ils sont tous les deux LR, tous les deux de droite, est-ce donc la même majorité ? Presque, a dit Christian Jacob : « Si nous sommes dans une situation où il n’y a aucune majorité, à ce moment-là, on ne va pas décider de bloquer le pays pendant cinq ans. » Les Républicains volant au secours de Macron feront partie de la majorité.

Ce qu’ils reprochent à ceux de leurs amis qui en sont déjà, c’est seulement d’avoir brûlé les étapes.  

Avec une « opposition » comme celle-là, le président peut dormir tranquille…

Par Guy Rouvrais le 22/05/2017

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