jeudi 25 mai 2017

Haute-Savoie : une collégienne gravement brûlée par sa camarade

Violence tableau

C'est à la récréation de la matinée, vers 10h mercredi 24 mai, que l'agression a eu lieu au collège Le Semnoz de Seynod, en banlieue d'Annecy (Haute-Savoie). Deux jeunes filles de 15 ans se retrouvent alors un peu à l'écart du reste de leurs camarades. Là, l'une asperge l'autre d'un liquide inflammable et y met le feu. Des membres du personnel interviennent immédiatement pour éteindre les flammes, selon la direction de ce collège de 850 élèves. Un surveillant est légèrement brûlé aux deux bras en enserrant la victime pour étouffer le feu. 

"Il semble qu'il préexistait depuis quelques temps un litige, connu de l'établissement", a indiqué la procureure d'Annecy, Véronique Denizot. Transportée en urgence au Centre des grands brûlés à Lyon (Rhône), la jeune fille a été "placée sous coma artificiel". Elle serait touchée au visage, au dos et aux épaules. L'auteure présumée de l'agression a été interpellée peu après avoir quitté le collège et "placée en garde à vue sous la qualification de tentative d'assassinat" depuis 12h30, a précisé la procureure.
 
L'enquête a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie d'Annecy, qui procédait dans la soirée de mercredi à des auditions. La jeune fille passera une nuit en cellule de garde à vue, où "elle sera particulièrement surveillée", a assuré la magistrate. "Il n'y a aucune urgence à la déférer devant un juge, et la garde à vue pourra être prolongée demain (jeudi 25 mai)", a-t-elle ajouté.

Au collège de Seynod, commune qui a fusionné avec Annecy, tout le monde était sous le choc mercredi. Des élèves ont témoigné de "la panique" qui a saisi les jeunes gens. "Elle était en flammes, elle est passée juste à côté de moi. J'étais tétanisée! (...) Elle hurlait, c'était horrible", a raconté une collégienne au micro de France Bleu Pays de Savoie.

Une autre a parlé d'une "scène de vengeance", estimant que la jeune fille arrêtée avait "dû préparer son coup", avec du "dissolvant" caché dans son sac. "Ça a été traumatisant pour tout le monde de voir cette scène." Une cellule d'urgence médico-psychologique a été mise en place pour prendre en charge élèves et adultes. Elle sera maintenue "aussi longtemps que nécessaire", a assuré le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, qui a fait part de sa "très grande émotion".

Chaque année en France, quelques cas de violences graves entres élèves d'un même établissement sont recensés, mais il s'agit généralement d'agressions commises par des garçons à l'arme blanche ou avec des objets contondants (matraques, marteau...). Celles commises par des filles sont beaucoup plus rares. Le dernier cas remonte au 20 mai 2010: une élève de 5ème avait été blessée d'un coup de couteau à l'abdomen par une camarade dans la cour du collège Martin-Luther King de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), à la suite d'un différend.

Par Christophe Guirard le 25/05/2017

RTL