jeudi 11 mai 2017

Législatives : La République en Marche présente 428 candidats, Valls non investi

Macron 2

Ils seront au moins 428 à porter le projet de La République En Marche.

Le mouvement fondé par Emmanuel Macron a officialisé, jeudi 11 mai, une première liste de ses candidats investis aux élections législatives de juin.

Concernant l'épineux cas de Manuel Valls, qui souhaite rejoindre l'éventuelle future majorité présidentielle, le parti a choisi de ne pas l'investir car "il a déjà fait trois mandats parlementaires". Toutefois, l'ancien premier ministre n'aura pas à affronter un candidat La République En Marche dans sa circonscription. "La candidature de Manuel Valls ne correspond pas à nos critères de renouvellement. Mais à ce stade, nous ne lui opposons pas de candidat", a fait savoir le secrétaire général Richard Ferrand qui a évoqué une volonté de "rassembler largement".

Ces investitures, réalisées après examen de 19.000 dossiers et la réalisation de 1.700 entretiens téléphoniques ou physiquesrépondent à une liste de cinq critères : "Le renouvellement, la parité réelle, la probité, le pluralisme politique et la cohérence", a expliqué le secrétaire général Richard Ferrand lors d'une conférence de presse. Sans compter la circonscription de Manuel Valls, La République En Marche peut donc encore potentiellement investir ou soutenir 148 candidats afin de briguer 576 des 577 sièges en jeu. Des tractations sont en cours pour finaliser la liste.

Bayrou mécontent

La commission d'investiture a pris soin de respecter la parité, en donnant son aval pour 214 femmes et 214 hommes. 52% de ces candidats sont issus de la société civile. "Ils n'ont jamais exercé de mandat électif et n'exercent aucun mandat politique", précise Richard Ferrand. Le plus jeune a 24 ans et le plus âgé a 72 ans. Certaines de ces investitures ont dû être directement tranchées par Emmanuel Macron. "La commission et le conseil d'administration ont saisi le président de quelques cas qui revêtaient un aspect particulier. Il fallait bien calibrer la réponse. Son avis a été requis", a fait savoir le numéro deux du mouvement.
 
D'un point de vue plus politique, certains des candidats de La République En Marche sont des personnalités du MoDem. "À chaque fois, la commission nationale d'investiture a investi le meilleur candidat", a nuancé Richard Ferrand qui rappelle que l'alliance avec François Bayrou se porte essentiellement sur "un texte de moralisation de la vie publique et la juste rémunération du travail". Reste que François Bayrou a manifesté son mécontentement quelques heures après le point presse, en affirmant ne pas avoir donné son "assentiment" pour cette liste.

Le "spin doctor" de Hollande investi

Quelques noms notables sont à souligner au sein de cette liste. Parmi les 24 parlementaires sortants qui y figurent, on retrouve notamment les écologistes Barbara Pompili (2e circonscription de la Somme) et François De Rugy (1re circonscription de Loire-Atlantique) ainsi que Richard Ferrand (6e circonscription du Finistère). Gaspard Gantzer, conseiller en communication de François Hollande, a été investi dans la 2e circonscription de l'Ille-et-Vilaine. On retrouve également l'ancienne juppéiste Aurore Bergé dans la 10e circonscription des Yvelines actuellement tenue par Jean-Frédéric Poisson, mais aussi le porte-parole du mouvement Benjamin Griveaux dans la 5e circonscription parisienne.

Du côté des personnalités issues de la société civile, on retrouve le mathématicien Cédric Villani dans la 5e circonscription de l'Essonne et les anciens juges d'instruction Éric Halphen et Laurence Vichnievsky. À noter également l'investiture de Bruno Bonnell, cofondateur de la société Infogrames, dans la 6e circonscription du Rhône, où se trouve la socialiste Najat Vallaud-Belkacem.

L'imbroglio Boudjellal

Il y a cependant un couac dans la communication de La République En Marche, autour de Mourad Boudjellal. Le président du Rugby Club Toulonnais, qui a soutenu Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, a été annoncé comme investi dans le Var. L'intéressé a toutefois démenti sans tarder. "Je suis sensible à la proposition du président, mais ce n'est pas mon ambition. En ma qualité de président de club sportif, je ne peux pas être candidat aux législatives", a-t-il déclaré à Var-Matin. Le même problème se pose pour Stéphane Saint-André, député sortant du Pas-de-Calais et François Pupponi, député-maire PS de Sarcelles. Tous deux refusent également l'investiture.

L'équipe de La République En Marche a reconnu auprès de franceinfo commis des erreurs dans le document des investitures communiqué aux médias.

Par Julien Absalon le 11/05/2017

RTL

Note BYR : Mais pour le moment les trois représentants jurassiens du Front National n'ont pas de candidats macronisés en face d'eux...