vendredi 19 mai 2017

Législatives : Marine Le Pen candidate dans le Pas-de-Calais

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Une candidature et un mea culpa. Pour la première fois depuis son échec à la présidentielle, Marine Le Pen a retrouvé la parole, jeudi soir, sur TF1. Comme cela avait été prévu avec son équipe, la présidente du Front National a commencé par confirmer sa candidature aux législatives, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais (Hénin-Carvin). «Oui, je serai candidate dans ma circonscription de Hénin-Beaumont. Je n'imaginais pas ne pas être à la tête de mes troupes dans une bataille que je considère comme fondamentale», a-t-elle expliqué sur le plateau de Gilles Bouleau.

Son intervention de huit minutes a été aussi marquée par un mea culpa. Revenant sur le débat d'entre-deux-tours face à Emmanuel Macron, la candidate a voulu assumer sa «responsabilité». «Je ne vais pas tenter d'y échapper», a-t-elle assuré avant de s'expliquer. «Évidemment, j'ai bien conscience que le sujet de l'euro a inquiété considérablement les Français, et même, il faut bien le dire, de manière presque irrationnelle. Mais c'est un fait. Et nous allons devoir en tenir compte», a signalé Marine Le Pen, en inscrivant ce sujet, parmi d'autres, au menu du prochain congrès du FN.

Jeudi soir, l'invitée a également reconnu une faute de comportement lors du débat. Ils étaient nombreux, dans son entourage, à attendre cette explication après avoir mesuré l'ampleur des dégâts chez les sympathisants. «Et puis, incontestablement, il y a eu ce débat, qui a été raté. Il faut le dire. Moi, je le dis très clairement. J'ai fait un choix. J'ai souhaité mettre en lumière les très grandes craintes que je nourrissais et que je nourris toujours à l'égard de la politique que va mener Emmanuel Macron.» Dans le même temps, Marine Le Pen a voulu éclairer son échec en reconnaissant un ton personnel inadapté le 3 mai. «Je l'ai fait avec fougue, je l'ai fait avec passion. Peut-être trop de fougue, trop de passion. Je sais que certains n'attendaient pas cela. Dont acte», a-t-elle admis, en reconnaissant un ton «peut-être abrupt».

Son image de présidente du FN et de candidate au pouvoir suprême a été sévèrement amochée par ce loupé télévisé, au point d'alimenter des doutes sur sa capacité à porter les idées du Front National. Avant des législatives des 11 et 18 juin qui s'annoncent plus compliquées que prévu, il était important pour Marine Le Pen de rassurer et de restaurer la confiance sur son leadership. Le choix difficile du discours de vérité, même si elle n'a pas dit toute la vérité sur ses hésitations à s'engager dans la bataille, lui aura peut-être permis de retrouver des couleurs avant un rendez-vous crucial. Dès hier soir, Jean-Marie Le Pen a fait retirer la candidature du Parti de la France dans la circonscription où se présente sa fille.

Plaçant l'avenir et la recomposition politique du pays sous le signe de l'«enthousiasme», affichant ses espoirs d'être rejointe par une «partie des Républicains qui refusent d'être dans la connivence avec Emmanuel Macron», Marine Le Pen a aussi désigné son adversaire en poste à l'Élysée sous les traits d'un oiseau de mauvais augure. À un mois des législatives, elle a alerté les électeurs.

«Les Français vont s'apercevoir de la brutalité de la politique qui sera mise en œuvre dans les mois qui viennent.»

Par Emmanuel Galiero le 19/05/2017

Le Figaro