mercredi 3 mai 2017

Militant du RBM et Gaulliste, fier d’être les deux

Marine NDA 2

Tribune de Jean Goychman du 02/05/2017

Je suis gaulliste autant qu’on puisse l’être 47 ans après la mort du général. Probablement par lien filial  durant mon enfance, j’ai éprouvé le besoin, quelques années plus tard, d’ancrer ce sentiment par une analyse objective. Mon père, officier dans l’armée de l’air avait rejoint de Gaulle en Angleterre dès 1940, j’ai, à sa mort il y a plus de 30 ans, entrepris une sorte de recherche la plus large possible pour essayer de comprendre qui avait été de Gaulle et pourquoi mon père et ses amis, qui allaient de Pierre Dac à Mendes-France en passant par Romain Gary, lui avaient toujours fait une place à part dans l’éventail des grandes figures politiques du 20ème siècle. J’ai donc lu tout ce que j’ai pu me procurer et surtout écouté des témoins privilégiés, comme Pierre Clostermann et beaucoup d’autres, ayant la chance de pouvoir les côtoyer lors des cérémonies commémoratives de l’appel du 18 juin,  au siège de l’Ordre de la Libération.

La position de Nicolas Dupont Aignan me parait totalement logique, et le choix de Marie-France Garaud également. Il suffit de revoir (la plupart sont disponibles sur You Tube), les conférences de presse données par de Gaulle à partir d’avril 1962. Il y traitait de l’Europe, bien sûr, mais également du rôle que jouait la finance anglo-saxonne dans sa construction. Alors qu’il a fait rapatrier plus de 900 tonnes d’or depuis la FED entre 1962 et 1966, aurait-il vraiment accepté que la France rentre dans le cercle des « faux-monnayeurs de l’euro » alors qu’il prônait le retour à l’étalon-or? Aurait-il  accepté la main-mise de la commission européenne sur les affaires nationales? Aurait-il enfin toléré  que Lecanuet ou Mitterrand soient reçus par le chancelier allemand durant la campagne présidentielle sans réagir?  Peut-on raisonnablement penser que Ludwig Erhard, aurait pris un tel risque ?

Alors, en prenant un peu de recul par rapport à la campagne présidentielle actuelle, qui est le plus proche, parmi les deux candidats, de de Gaulle ou, du moins, qui en incarne le mieux la continuité de la démarche, entre Emmanuel Macron ou Marine Le Pen ?

Lorsque, en 2011, Gilbert Collard m’a proposé de rejoindre le comité de soutien de Marine Le Pen, j’ai pris, avant d’accepter, le temps de la réflexion.  Adhérent du RPR depuis le début, je m’était éloigné de lui définitivement en 1997, après le départ de Philippe Seguin de sa présidence. J’avais rejoint Philippe de Villiers en 1999, car je retrouvais dans son projet politique ce dont le RPR s’était progressivement éloigné. L’effacement de Philippe de Villiers de la scène politique, pour des raisons que je pouvais comprendre, m’avait décidé à ne plus militer, et je m’étais résigné avec tristesse au destin malheureux vers lequel allait mon pays.

Cette proposition méritait néanmoins d’être étudiée.

Je ne m’étais jamais approché du Front National, mais je n’y étais pas hostile par principe non plus. Je trouvais manichéenne  et mensongère la façon dont l’intelligentsia  « progressiste » le présentait, probablement car elle tenait à faire oublier certaines réalités gênantes. Il se trouvait que, de mon côté, j’essayais simplement de faire la part des choses le plus honnêtement possible. Je dois dire qu’une de mes questions était relative au passé de mon père que je ne voulais voir entaché en aucune manière. J’ai donc questionné directement Marine Le Pen et elle a répondu à mes attentes. J’ai pu constater qu’elle souhaitait réellement s’entourer de gaullistes authentiques voire historiques et que la vision qu’elle avait pour notre pays s’inscrivait totalement dans ce qu’avait cherché à réaliser de Gaulle lorsqu’il était aux affaires.

C’est donc sans la moindre réticence que j’ai rejoint son comité de soutien à l’automne 2011. Je dois constater que les propos qu’elle m’avait alors tenu sur mon engagement gaulliste que j’entendais manifester à chaque occasion que les circonstances le permettraient n’ont jamais été démentis par les faits.  Cela est parfaitement vérifiable tout au long des plus de 200 articles que j’ai fait paraître sur ce blog de Gilbert Collard, où les références réitérées aux rappels des propos où des actions entreprises par le général de Gaulle figurent d’une manière constante. Je n’ai jamais subi la moindre critique, ni même la moindre allusion à ce que j’écrivais. Or, ils se trouve que pratiquement tous les faits que j’ai pu évoquer, que ce soit à propos de la construction européenne ou des autres affaires internationales redeviennent d’une criante actualité.

Se pose ainsi à nouveau le problème de cette Europe qui, en raison de l’omniprésence d’un dogme quasi-religieux d’un libéralisme dont la seule réalité est celui d’un libre-échange qui se traduit par une concurrence effrénée avec tous les pays du monde, y compris nos propres « partenaires » européens. Cette Europe est réduite aujourd’hui à une vaste zone ouverte à tous les vents et sans aucun poids politique. La France de de Gaulle avait quand même une autre allure…

Mais se pose également en corollaire la question du système financier mondial, lequel se trouve en état de pré-crise permanente. Faut-il rappeler que de Gaulle, dès 1965*, avait proposé un changement de ce système afin d’éviter le genre de catastrophe financière  que nous avons connu il y a dix ans et qui risque de se reproduire à tout moment…

Permettez-moi de  citer encore une fois ce visionnaire éclairé :

« Pour faire de grandes choses, il faut de grands hommes, et ceux-ci ne le sont que parce qu’ils ont choisi de l’être » et, pour justifier son coté pragmatique : « il n’y a point de politique qui vaille si elle n’est ancrée sur des réalités »

Enfin, il parait également utile de rappeler, pour ceux qui veulent ranimer la querelle stérile de l’opposition du patriotisme et du nationalisme, ce passage des mémoires d’espoir, écrites en 1970 , lorsqu’il parle de la France :
« Elle vit, les siècles l’appellent. Le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ; que seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit… Bref à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur ». Ch de Gaulle

Seul un esprit tourmenté peut y voir une déclaration de guerre…


Gilbert Collard