dimanche 14 mai 2017

Nicolas Bay: «L'euro ne sera pas au centre de notre campagne»

Bay officiel 2016

Le secrétaire général du Front National dévoile, lundi, le dispositif des législatives. Il mise sur 45 circonscriptions gagnables.

Le Figaro- L'annulation de l'accord avec Nicolas Dupont-Aignan, qui portait sur une cinquantaine de circonscriptions, n'est-elle pas un nouveau coup dur pour Marine Le Pen ?

Nicolas Bay - Cela ne change strictement rien car notre alliance s'inscrit dans la durée. Le FN aura des candidats dans les 577 circonscriptions. Comme nous l'avions fait à la présidentielle, nos deux mouvements se positionnent de façon indépendante au premier tour, puis, au second, nous veillerons à l'unité des patriotes pour gagner un maximum de circonscriptions. Nous souhaitons l'émergence d'un grand pôle d'opposition à la politique d'Emmanuel Macron. Cela commence sur les bancs de l'Assemblée nationale.

Combien de députés FN espérez-vous ?

Le 7 mai, Marine Le Pen a franchi la barre de 50 % des voix dans 45 circonscriptions, dans lesquelles nous espérons l'emporter. Dans près de 70 autres, nous avons obtenu entre 45 % et 50 %. Là aussi, les perspectives de victoire existent, notamment dans des configurations plus favorables telles que des triangulaires ou des duels face à la gauche. Ces scores laissent entrevoir une entrée massive des députés patriotes en juin.

Ne craignez-vous pas un effet défavorable de la présidentielle ?

Marine Le Pen a rassemblé 10,7 millions d'électeurs, un record absolu pour notre mouvement. Cela constitue une force majeure.

Emmanuel Macron n'est-il pas assuré d'avoir une majorité ?

Ce sera sans doute le cas. Ceux qui tentent de vendre une hypothétique cohabitation bernent les électeurs. C'est parce qu'il aura probablement cette majorité qu'il faut choisir avec grand soin qui en incarnera l'opposition.

Le départ de Marion Maréchal-Le Pen ne vous complique-t-il pas les choses?

Marion est une élue de grand talent. Elle manquera à notre mouvement et sans doute à la politique. Mais je sais ce que notre engagement représente comme sacrifices pour une vie de famille. Sa volonté d'aller se confronter au monde de l'entreprise est une leçon.

Conservez-vous la sortie de l'euro comme objectif ?

Sereinement, mais sans œillères, il faudra y réfléchir. Si cette mesure ne sera pas au centre de notre campagne, je vous confirme en revanche que la défense de la liberté de la France sera bien au cœur de cette bataille. La plupart de nos cadres s'engagent derrière Marine Le Pen. C'est le cas, notamment, de Louis Aliot dans les Pyrénées-Atlantiques, de Stéphane Ravier à Marseille, de Florian Philippot en Moselle et de moi-même en Normandie.

Florian Philippot fait de la sortie de l'euro une condition de son maintien au FN…

Nous ne pourrons pas faire l'économie d'une réflexion. Le débat est toujours préférable au chantage.

Entretien réalisé par Emmanuel Galiéro le 14/05/2017

Le Figaro