mercredi 31 mai 2017

Parlement européen : un "joli coup de revers"

Parlement europeen

Le Front National en avait averti la classe politico-médiatique : dans l’affaire des assistants parlementaires du Parlement européen, non seulement il contestait les accusations de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), c’est-à-dire de la Commission Européenne et de Martin Schulz (alors président socialiste du parlement de Strasbourg) mais encore il pointerait les pratiques d’un certain nombre de personnalités et partis français représentés à Strasbourg, c’est-à-dire la présence de certains de leurs collaborateurs dans les organigrammes parisiens et nationaux de leurs formations. On apprend aujourd’hui que le parquet de Paris a ouvert le 22 mars une enquête préliminaire pour « abus de confiance » contre 19 euro-députés français LR, UDI, PS, Modem et Verts soupçonnables d’emplois fictifs de leurs assistants parlementaires.

Et c’est l’euro-députée FN Sophie Montel, élue de la région Bourgogne-Franche-Comté, qui a alerté, le 14 mars, le parquet de Paris, c’est-à-dire le procureur François Molins, après avoir étudié de façon approfondie les situations de ces personnalités et de leurs collaborateurs.

Sa lettre commençait ainsi : « Je suis contrainte de porter à votre connaissance des éléments attestant que plusieurs élus français au Parlement européen ont à leur service des assistants ayant par ailleurs des fonctions au sein de leur formation politique respective ». Parmi les « heureux élus » figurent rien moins que l’actuelle ministre chargée des Affaires européennes (sic) d’Emmanuel Macron, Marielle de Sarnez, et l’ex-bras droit de Sarkozy Brice Hortefeux ou encore son collègue LR Jérôme Lavrilleux, ex-directeur de campagne de Sarkozy en 2012 et exclu ensuite de l’UMP pour son rôle dans le dossier Bygmalion. Naturellement, Mme Montel a averti dans le même temps l’OLAF, si « scrupuleuse » dans la dénonciation des abus supposés des différents élus souverainistes du parlement de Strasbourg.

Marielle de Sarnez a aussitôt porté plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre Sophie Montel. La justice va suivre son cours, qui devrait être assez lent. Reste que Sophie Montel a intéressé les juges au cas de Philippine Laniesse, assistante parlementaire de Mme de Sarnez, mais également conseillère régionale Modem d’Ile-de-France et conseillère municipale dans le XIXe arrondissement de Paris. La  ministre affirme que la situation de sa collaboratrice « a été déclarée et vérifiée par le Parlement européen ». Mais n’était-ce pas le cas aussi pour les assistants parlementaires européens du Front National, avant que Martin Schulz ne découvre un « scandale » largement relayé en pleine campagne présidentielle française, et que l’ensemble des médias et de la classe politique lui emboîte bruyamment le pas ?

Dans cette affaire, Sophie Montel a tenu à préciser, ce 30 mai à l’antenne de BFMTV, qu’elle ne voulait pas dénoncer des « illégalités » – car, a rappelé l’eurodéputée FN, rien n’interdit dans le droit français d’avoir des assistants qui occupent des fonctions militantes dans votre appareil politique. Mais a-t-elle poursuivi, elle et la formation qu’elle représente se devaient de « déposer ces signalements au motif que nous n’acceptons pas le deux poids deux mesures ». Qui veut que lorsque cette pratique concerne le FN, elle est forcément « illégale », mais que quand les mêmes manières de fonctionner sont utilisées par des ministres de M. Macron elles deviennent subitement légales.
 
Et Sophie Montel a encore souligné à quel point cette non-affaire avait pénalisé la campagne présidentielle de Marine Le Pen.

Le 31/05/2017

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