mercredi 24 mai 2017

Sommé par Marine Le Pen de démissionner, Richard Ferrand se dit innocent

Macro Ferrand

Épinglé par Le Canard enchaîné pour avoir effectué un montage immobilier légal mais favorable à sa compagne, le ministre s'amuse d'un «cadeau de bienvenue».

De l'aveu du porte-parole du gouvernement: cela «tombe mal». Alors même qu'Emmanuel Macron a basé sa candidature sur la probité et l'intégrité, symbolisées selon lui par la loi de moralisation de la vie publique qu'il entend mettre en place avant les législatives, son soutien de la première heure et ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, vient d'être épinglé par Le Canard enchaîné . En cause, un montage immobilier complexe mais légal qu'il a réalisé lorsqu'il était à la tête des Mutuelles de Bretagne, en 2011, afin de favoriser la SCI de sa compagne dans un appel d'offre.

Contacté par Le Figaro, Matignon affirme que l'opération s'est «faite en totale transparence» et qu'elle «a été économiquement bénéfique». «La question (d'une démission du gouvernement) ne se pose pas», ajoute-t-on dans l'entourage du premier ministre Édouard Philippe. Idem du côté de Richard Ferrand, qui s'est montré extrêmement serein sur BFMTV ce mercredi. «C'est une sorte de cadeau de bienvenue pour ma nomination au gouvernement, où l'on essaie de faire d'un acte de gestion banal une pseudo-affaire», a-t-il ironisé depuis la cour de son ministère.

Cambadélis demande «solennellement» à Philippe et Bayrou de s'exprimer

Reste que ses opposants politiques ne l'ont pas vu du même œil. Invitée de LCP/AFP/Le Monde /France Info, Marine Le Pen a rappelé que les macronistes s'étaient faits les chantres de la «moralisation», et donc de la «morale». «La moindre des choses, s'il en tire les conséquences, c'est de poser sa démission», a-t-elle jugé. Soulignant qu'il s'agit d'«un enrichissement personnel parfaitement immoral», la présidente du FN a interrogé: «Est-ce que c'est illégal ou non? La question n'est pas vraiment là en politique». «Je mets un trait d'égalité absolument total entre l'affaire Fillon et l'affaire Ferrand», a-t-elle conclu.

Invité de Radio Classique dans le même temps, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a quant à lui réclamé à ce que la «loi sur la transparence» soit «appliquée à Richard Ferrand». Il a ensuite sommé Édouard Philippe et François Bayrou de s'exprimer publiquement. «Je demande tout simplement que le premier ministre et surtout le Garde des Sceaux - qui nous a dit qu'il faisait de la transparence la question de son accord avec Emmanuel Macron... Je demande solennellement qu'aujourd'hui ils s'expriment sur le sujet», a déclaré le chef de file des socialistes.

Par Arthur Berdah le 24/05/2017

Le Figaro