vendredi 5 mai 2017

Tout est possible !

Marine Paris 1er mai 2016

Cette campagne présidentielle restera dans les annales comme celle qui, au fil du temps, a vu s’effondrer les certitudes les unes après les autres. La classe politique et les médias étaient certains que François Hollande serait candidat, il renonça. Valls était son substitut naturel, il fut évincé par Hamon que nul n’attendait. A droite, Juppé fit pendant deux ans la course en tête, il serait assurément notre prochain président avant de laisser la place à celui qui est devenu un autre de nos ex-futurs présidents, Fillon.

Il reste une autre certitude, une persuasion, à laquelle ni les médias, ni les politiques, ni les sondeurs ne renoncent, l’ayant imperturbablement professée du début à la fin : Marine Le Pen sera battue au second tour, quel que soit le candidat qu’elle doit affronter, de droite ou de gauche. Eu égard aux précédents que nous venons d’évoquer, il y a quelque témérité à continuer à s’en tenir à ce qui nous est toujours présenté comme une évidence. Certes, de temps en temps, nos augures jouent à se faire peur en évoquant, effarés, la possibilité inouïe qu’elle déjoue leurs pronostics, tandis que, pour les journalistes, l’allusion parcimonieuse à cette perspective n’est qu’une simple précaution, voire une clause de style, pour n’avoir pas l’air trop partisans. Ils avaient pourtant assuré qu’après la victoire de Trump, qu’ils n’avaient pas prévue, tous étant rangés derrière Hillary Clinton, ils avaient compris la leçon et qu’on ne les y reprendrait plus.

Serment d’ivrogne !

Que le « système » soit persuadé que son prochain président s’appelle Macron, on le constate dans l’accélération et le nombre des ralliements à mesure qu’il croit sa victoire proche : c’est qu’il ne faut pas arriver trop tard au bal de la cour au risque de faire banquette ! C’est ainsi que pas moins de soixante ambassadeurs viennent de faire obédience à Emmanuel Macron, violant sans vergogne leur devoir de réserve, avec d’autant plus de cynisme qu’ils sont assurés de l’impunité, ils ne seront jamais sanctionnés pour fouler aux pieds les devoirs de leur charge. Pas plus que ces présidents d’universités qui, ès qualités, demandent à leurs étudiants de barrer la route à Marine Le Pen, bafouant la neutralité – autre nom de la laïcité – de l’université républicaine. Et tout cela au beau cri de « résistance ! », car, en plus, ils prennent des airs de rebelle ! Quel courage y a-t-il à voler au secours d’une victoire annoncée et à hurler avec les loups ? Quel courage de mépriser, combattre, insulter une femme qui reste debout sous l’injure, que rien ni personne ne décourage de continuer le combat pour la patrie ? Ils la disent déjà à terre, et ils veulent continuer à la piétiner. Ah, les belles âmes d’humanistes que voilà !

Nous, nous n’avons qu’une certitude : seules les batailles qu’on ne livre pas sont assurément perdues. Il ne faut donc pas déserter la dernière, celle du second tour, et donc voter, faire voter, pour Marine Le Pen, il est toujours temps de motiver les indécis.

Au bout du chemin, tout est encore possible, y compris la victoire. Ce qui est impossible, pour ceux qui croient à l’avenir de la patrie, c’est la résignation.

Par Guy Rouvrais le 05/05/2017

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