jeudi 15 juin 2017

En Camargue, Marion Maréchal-Le Pen remet en selle Gilbert Collard

Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard AN

Marion Maréchal Le Pen a donné un dernier coup de main à son collègue de l’Assemblée nationale, dont la réélection n’est pas acquise.

« Marion, Marion, Marion ! », scande enthousiaste Jean-Claude. Dans ses yeux, de l’admiration pour la jeune femme de 27 ans : « regardez comme elle est belle et intelligente… Elle a tout pour elle ! ». À cinq jours des Législatives, Gilbert Collard a reçu, hier soir au Cailar, Marion Maréchal le Pen. Là où traditionnellement le sortant réunit des dizaines de sympathisants, la petite-fille Le Pen en rassemble des centaines. Chez les frontistes du sud de la France, la députée du Vaucluse suscite la ferveur. Un sentiment exacerbé depuis l’annonce de sa retraite politique.

C’est tout ce dont Gilbert Collard a besoin. Arrivé d’une courte tête au premier tour des Législatives, le sortant a vu l’électorat FN se démobiliser, menaçant sa réélection. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : au premier tour de la Présidentielle, Marine Le Pen a récolté 23 800 voix sur la 2e circonscription du Gard. Un mois plus tard, il n’en récolte « que » 13 900. « Un électeur sur deux du FN n’est pas allé voter », alerte Marion Maréchal Le Pen. Volontairement, Gilbert Collard provoque : « face à une candidate (Marie Sara, NDLR) qui veut abattre le FN, vous avez été capables, pour certains, de ne pas aller voter ! »

Originaire d’Aigues-Vives, Gérard confesse : « moi, je n’ai pas voté dimanche… J’ai encore du mal avec le discours anti-Europe de Marine Le Pen et puis, le débat a été décevant. » Pour faire oublier cette mauvaise séquence et relancer la dynamique, Marion Maréchal Le Pen ravive l'idéologie FN. « Conservatrice », elle martèle « qu’en France prévaut et demeure la culture française. » Un « ciment social » menacé, soutient-elle, par « une culture étrangère parfois violente » qui prône « l’application de la charia.» Il n'en fallait pas plus pour déclencher les salves d'applaudissements du public. Alors, face à « l’héritier de 68 » qu’est Emmanuel Macron, « l’Assemblée nationale a besoin d’un député insolent comme Gilbert Collard. » Un parlementaire toujours prompt à « bousculer le politiquement correct qui risque de s'accentuer avec les candidats inexpérimentés d'Emmanuel Macron » voir, « médiocres. »

Le showman Collard

Après une accolade paternelle marquant son affection et sa gratitude, Gilbert Collard prend la parole. Derrière son pupitre, l’avocat plaide pour sa réélection. Un discours truffé de punchlines, plus ou moins usées dans ses réunions publiques. Sur sa rivale torera Marie Sara, il balance : « À Paris, ils ont voulu opposer une image médiatique à une image médiatique… S’il j’avais été candidat au pays de l’accordéon, on m’aurait mis Yvette Horner ! ».

Sa gouaille déclenche les rires... Électeur qui rit, à moitié dans ton parti ?  L'adhésion à Gilbert Collard porte finalement plus sur sa personnalité et sur sa voix contestataire, que sur les solutions concrètes apportées à sa circonscription. D'ailleurs, il le dit lui-même : ces cinq prochaines années, « je veux emmerder Emmanuel Macron ! » Alors, si « moi aussi, je n’ai pas supporté le débat de la Présidentielle et que, je regrette que Marion prenne sa retraite, ce n’est pas une raison pour me laisser tomber ! » Avant de conclure, avec sa verve : « aller votez, bande de feignants ! »

Par Coralie Mollaret le 15/06/2017

Objectif Gard