jeudi 8 juin 2017

Farid Ikken : un voisin qui vous veut du bien

Policiers Paris 2

Boulevard Voltaire

Par Gabriel Robin, SG du CLIC, le 08/06/2017

Mardi 6 juin, un forcené attaquait une patrouille de police sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris. « C’est pour la Syrie », hurlait-il en se précipitant vers les gardiens de la paix, armé d’un marteau. Étudiant algérien de quarante ansça ne s’invente pas -, l’assaillant a été « déradicalisé » de manière expresse par deux balles de pistolet qui l’ont touché au thorax, avant d’être transporté à l’hôpital où il s’est présenté aux enquêteurs comme étant un « soldat du califat ». De son nom Farid Ikken, ce terroriste pied nickelé cherchait probablement à faire de plus gros dégâts, puisque deux couteaux de cuisine ont été retrouvés sur lui.

En première analyse, le profil de monsieur Ikken semble étonnant. En effet, l’homme était actuellement doctorant au Centre de recherche sur les médiations (CREM) de l’université de Lorraine à Metz, travaillant à une thèse portant sur les médias d’Afrique du Nord. Pierre Mutzenhardt, président de l’établissement, a aussi déclaré que le djihadiste avait auparavant exercé la profession de journaliste en Algérie, n’ayant gagné notre pays qu’en 2014. Inscrit à Metz, il vivait actuellement dans le Val-d’Oise, après avoir suivi son directeur de thèse muté en région parisienne.

Une rapide recherche sur la Toile nous dévoile aussi le travail de pigiste deFarid Ikken, notamment pour le très à gauche webzine Rue 89. Ultime détail savoureux : il a été le récipiendaire d’un prix décerné par l’Union européenne pour un article consacré aux « migrants » lors de l’année 2009. N’en jetez plus…

Comment un homme cultivé, a minima éduqué, s’est-il finalement retrouvé en train d’enregistrer une vidéo d’allégeance à l’État islamique dans un appartement certainement sordide de Cergy-Pontoise ?

L’explication psychologique ne répondra que partiellement à cette équation. Farid Ikken n’avait pas un inconnu pour directeur de thèse. Arnaud Mercier s’était signalé, l’an passé, pour un article fustigeant les « islamophobes ». Au terme d’un raisonnement fort médiocre, l’universitaire demandait au service public de se ressaisir en n’invitant plus Éric Zemmour, accusé de tenir des « propos nauséabonds incitant à la discorde nationale » (une faute a été d’ailleurs corrigée, puisque Arnaud Mercier avait écrit incitant au pluriel, confondant le participe présent et l’adjectif verbal).

Un article qu’Arnaud Mercier avait signalé au CCIF, organisme noyauté par les salafistes et proche de l’association Barakacity, visée dans une enquête de financement du terrorisme islamiste. Ce jour, Arnaud Mercier publiait un tweet alertant contre la menace populiste en EuropeFarid Ikken était donc travaillé par des idées en vogue dans certaines couches de la société française où l’Occident est assimilé à un mal ontologique, coupable d’oppresser des musulmans gravement discriminés. Doté à l’évidence d’une constitution psychique faible, Ikken a pu se laisser influencer par le climat terroriste, n’ayant qu’un court chemin à faire compte tenu de ses origines culturelles et de ses idées.

Si ce cas est resté sans conséquences, le parcours de l’agresseur de Notre-Dame témoigne d’une menace étendue à des individus qui paraissent, a priori, ne pas montrer de signes extérieurs de radicalisation. Leçon à en tirer : le champ des suspects s’élargit à plusieurs millions de personnes vivant en France