vendredi 2 juin 2017

Législatives 2017 : Les Républicains en déprime à l'approche du premier tour

LR siège Paris

Les Républicains ont beau se raccrocher à un espoir - celui que l'affaire Richard Ferrand freine la dynamique de La République en Marche et leur fasse gagner quelques dizaines de sièges de députés -, la plupart des cadres du parti sont gagnés par la morosité.

"Objectivement, je ne connais pas un candidat qui ne soit pas inquiet pour sa réélection. On n'est pas exactement au zénith", reconnaissait, jeudi 1er juin dans un soupir de lassitude, un membre de l'équipe de campagne à la tête de la formation. Le même de s'interroger, un brin amer, sur la discrétion au plan national de certains ténors, comme celle d'Éric Ciotti ou celle de Laurent Wauquiez qui semblent, l'un comme l'autre, repliés sur leurs terres d’élection.

Il faut dire que les prises de position récentes de François Baroin ont jeté le trouble. S'ils n'ont pas forcément été surpris, la plupart des cadres des Républicains regrettent ce qui a été perçu comme une maladresse de la part de leur chef de file qui, s'il a exprimé une position personnelle qu'on lui connaissait depuis longtemps, a semblé rompre au nom du parti avec la stratégie "ni FN, ni front républicain" (le fameux "ni-ni") suivie depuis 2011 pour toutes les élections locales. Le sénateur-maire de Troyes est allé jusqu'à appeler La République En Marche à des désistements réciproques en cas de risque de voir des candidats FN l'emporter au second tour.

"Ce n'est jamais bon de donner ce genre de signaux quand on est encore en campagne", expliquait l'un de ses proches.

"Parler de retrait avant le premier tour", c'est toujours une "erreur",  tranchait encore un ancien ministre. Mais si l'analyse est quasi-unanime, peu montent au front publiquement pour s'en prendre à François Baroin. "Il est coincé sur sujet : soit il dit ce qu'il pense, et tout le monde le lui reprochera ; soit il joue les hypocrites, et tout le monde le lui reprochera aussi".

Et un ancien candidat à la primaire de décrypter, avec moins de compassion : "Il n'a ni l'énergie, ni l'assise pour mener le combat, il a lâché, en fait il est simplement revenu dans son lit".

Par Pauline de Saint-Rémy le 02/03/2017

RTL