mardi 20 juin 2017

Marine élue avec sept autres candidats FN

Assemblée nationale nuit

Donc le Front National, dont la candidate a réuni près de 11 millions de suffrages voici un gros mois, n’aura pas de groupe à l’Assemblée nationale : plus que jamais, le système électoral en place a fait la preuve de son injustice et même de son aberration. On verra si le président Macron tient sa promesse d’introduction de la proportionnelle, et dans quelle mesure exactement. Marine Le Pen a d’ailleurs annoncé, sitôt élue, qu’elle avait bien l’intention d’interpeller le gouvernement sur cette question

8 « plafonds de verre » éclatés

Le FN n’aura pas de groupe mais il remporte ce 18 juin une victoire à la fois politique et morale en envoyant siéger huit députés contre deux dans la précédente législature. Alors que sondeurs et médiacrates lui en promettaient – du bout des lèvres – de 2 à 4. Et, c’est historique autant qu’important, ces victoires ont été obtenues dans le cadre de duels, seul contre tous. Et le plus souvent contre des candidats d’En Marche, réputés invincibles : le réflexe conditionné du prétendu front républicain n’a pas joué systématiquement. Et dans ces 8 circonscriptions, le fameux plafond de verre a éclaté. Grâce notamment à un sursaut d’électeurs FN abstentionnistes du premier tour, malgré un nouveau taux d’abstention record, qui contribue à relativiser le succès du parti macroniste, par ailleurs moins imposant qu’annoncé.

Et, bien sûr, Marine Le Pen est l’élue la plus symboliqueEt d’ailleurs la mieux élue : 58,6% des suffrages dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, qu’elle « travaillait » depuis 15 ans – et presque 70% % à Hénin-Beaumont ville symbole s’il en fut de l’implantation frontiste dans le bassin minier artésien. Suivent Sébastien Chenu, porte-parole du FN pour ces législatives, dans la 19e du Nord (55,35%) ; Bruno Bilde, maire-adjoint de Hénin-Beaumont, dans la 12e du Pas-de-Calais (55,07%) ; Emmanuelle Ménard (épouse de Robert Ménard) soutenue par le FN dans la 6e de l’Hérault (53,49%) ; José Evrard, dans la 3e du Pas-de-Calais (52,94%) ; Ludovic Pajot, conseiller régional des Hauts-de-France et sans doute le benjamin23 ans) de la future Assemblée, dans la 10e du Pas-de-Calais (52,56%) ; Louis Aliot, vice-président du FN, dans la 5e des Pyrénées-Orientales (50,56%) ; Gilbert Collard, dans la 2e du Gard (50,16%). Dans les Alpes-Maritimes, dans les 4 circonscriptions où ils étaient présents nos candidats obtiennent de 39 à 47%. Dans les Pyrénées-Orientales, le FN est la 2e force avec des scores de 42 à 50%. Des résultats que l’on peut rapprocher de ceux d’autres départements, tels le Var ou l’Aisne.

Victoire politique, médiatique et psychologique

Donc, répétons-le, grâce au sursaut d’une partie de leur électoratMarine Le Pen et le Front National ont remporté une victoire à la fois politique, médiatique et psychologique : promis par tous les « professionnels » de la politique à un échec caractérisé, le FN crée la surprise chez ces derniers ce 18 juin, en revenant avec 4 fois plus de députés qu’auparavant, malgré une abstention historique, un mode de scrutin inique et une campagne de démoralisation médiatique extrêmement poussée. Et, de plus, ses candidats ont démontré que le scrutin majoritaire à deux tours n’était plus un obstacle à la victoire du Front, même dans une configuration de duel. Le Front National a pris ce soir, un nouveau départ, et devrait dans les années à venir continuer de capitaliser sur le score historique de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, car, pour peu qu’il constitue une force unie, et un  pôle d’opposition déterminété et  actif à la politique du nouveau pouvoir, les 11 millions d’électeurs du 7 mai se retrouveront immanquablement et durablement sous sa bannière.

Ce d’autant plus que comme l’a souligné Marine, Les Républicains et leurs alliés centristes sortent à la fois « diminués (de moitié) et divisés » de ces législatives. Et que beaucoup de leurs électeurs devraient s’apercevoir, dans les semaines ou les mois à venir, qu’ils ont élu des macronistes (de moins en moins) cachés, d’accord (de plus en plus ouvertement) avec le programme du président et de son gouvernement.

Et Marine Le Pen a parfaitement résumé les perspectives et les enjeux au soir de ces législatives : « Les anciens partis dominants de la vie politique française sont devenus des partis satellites d’un mouvement qui les englobe désormais tousFace à ce bloc qui représente les intérêts de l’oligarchie, face à ce mastodonte du Système, copieusement nourri par le concours de tous les relais médiatiques et financiers que compte notre pays, nous sommes la seule force de résistance à la dilution de la France, de son modèle social et de son identité ! » On l’aura compris, Marine Le Pen et ses collègues n’ont pas l’intention de faire de la figuration dans la nouvelle Assemblée.

On s’en doutait un peu, à vrai dire…

Le 19/06/2017

FN législatives 2017