lundi 12 juin 2017

Premier tour des législatives : 51 %, 46 %, 13,5 %

Boum LRPS

Nous résumerons le premier tour des élections législatives autour de trois chiffres essentiels :

51,4% : c’est le taux d’abstention national, un record absolu – c’est déjà 8 points de plus qu’en 2012dans l’histoire de la Ve République, depuis sa création en 1958 ! Bien sûr un tel niveau relativise le succès et la représentativité du parti présidentiel : Emmanuel Macron et ses candidats n’ont attiré – malgré tout – que 32% des 48,6% des suffrages exprimés, soit environ 15 ou 16% des inscrits.

-13,5% : cette abstention a particulièrement affecté les milieux populaires et les plus jeunes des électeurs. Et donc pénalisé le Front National qui, obtient 13,5% des suffrages exprimés. Score certes décevant, mais le FN se retrouve néanmoins au second tour, le plus souvent en duel avec la République en marche, dans 110 circonscriptions.

Marine à 46% !

46% : Parmi les candidats les mieux placés figure d’abord Marine Le Pen arrivée largement en tête dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais : elle obtient 46% – dont 56% sur la commune de Hénin-Beaumontaméliorant son score de 2012 (42,4%), et arrivant loin devant la candidate macroniste – 16,5%. Mais citons encore parmi ces candidats arrivés premiers Bruno Bilde dans le Pas-de-Calais35,5% ; Emmanuelle Ménard dans l’Hérault35,41% ; Sébastien Chenu dans le Nord 33,21% ; Gilbert Collard dans le Gard 32,3% ; José Évrard et Ludovic Pajot dans le Pas-de-Calais – respectivement 31,69% et 31,30% ; Louis Aliot dans les Pyrénées-Orientales30,80% ; Paul-Henry Hansen-Catta dans l’Aisne25,51% ; Florian Philippot en Moselle23,8%.

L’abstention, nous venons de le dire, a pénalisé le FN. Mais cette abstention massive veut dire aussi que pour le second tour, ce même FN dispose d’importantes réserves d’électeurs qui, démobilisés par la répétition des scrutins et la victoire du parti macroniste annoncée – quotidiennement – par la sphère médiatique, vont sans doute cette fois se déplacer. Pour donner une chance à l’opposition la plus résolue au gouvernement Macron-Philippe, autrement dit les candidats FN devenus challengers des macronistes, et donc les opposants « frontaux » à une politique plus européiste et immigrationiste encore que celle de ses prédécesseurs – qui pourtant de ces points de vue faisaient déjà « fort »

Marine Le Pen a résumé l’enjeu dimanche soir depuis son QG d’Hénin-Beaumont, appelant « les électeurs patriotes » à « une forte mobilisation » au second tour, ce afin d’ « envoyer des députés prêts à s’opposer à la politique mondialiste » d’Emmanuel Macron.
Donc il faut plus que jamais se mobiliser – et pour d’autres se remobiliser – afin de constituer à l’Assemblée nationale un groupe de véritables opposants à la politique revendiquée par le nouveau pouvoir : précarisation sociale via une casse du code du travail, ouverture accrue des frontières aux flux – aux flots – migratoires et soumission plus forte que jamais à Angela Merkel et à la Commission européenne et à leur libre-échangisme ravageur.

Où il faut bien reparler du mode de scrutin

Marine Le Pen a soulevé une autre question – à vrai dire récurrente lorsqu’il s’agit d’élections législatives – celle du mode de scrutin : « Ce taux d’abstention catastrophique doit poser la question du mode de scrutin qui écarte des millions de nos compatriotes des urnes d’abord, et d’une représentation digne de ce nom » En faisant le lien entre ce mode de scrutin injuste et la démobilisation des électeurs la présidente du FN pointe le vice de forme majeur de la démocratie française, qu’il faudra bien que le nouveau président répare, comme il s’y était engagé : à la proportionnelle, avec 14%, le Front aurait pas loin de 70 députés !

In memoriam : le PS (1971-2017)

On pourrait ajouter aux résultats que nous avons mis en avant deux ou trois autres : même si on y ajoute la pléthore de divers droite et d’indépendants issus de la droite et du centre – l’attelage – bien lézardé – LR-UDI obtient un de ses plus mauvais résultats depuis 20 ans – « un désastre » a dit J.-F. Copé. Et il sera d’autant moins à même d’incarner une opposition crédible qu’il propose à peu près la même chose que Macron, son gouvernement et son parti.

N’oublions pas enfin le résultat « historique » du PS/PRG : avec un score de 8 ou 9% (en comptant ses alliés), le parti dominant de la gauche et plusieurs fois majoritaire depuis les années 80 a signé son acte de décès, son dernier carré se retrouvant coincé entre les mélenchonistes et les macronistes, sans espoir de desserrer l’étau.
Bref, c’est quand même bien le FN qui s’en sort le mieux, étant très présent dans la France du second tour, et sans ambigüité dans son opposition au pouvoir, contrairement aux LR.

Qu’un maximum d’électeurs de Marine Le Pen du 23 avril et du 7 mai se (re)mobilisent, et ce second tour peut assurer assez de victoires pour que soit constitué un groupe parlementaire.

Le 12/06/2017

FN législatives 2017