mercredi 14 juin 2017

Presque toute l'Indonésie compte des cellules de Daech

Nurmantyo

Le chef des armées indonésiennes a informé la communauté internationale lundi à Jakarta de la présence de cellules dormantes de l'EI dans «presque toutes les provinces» du pays.

L'armée indonésienne a signalé lundi par la voix de son chef, le général Gatot Nurmantyo, la présence de cellules dormantes de l'État islamique sur son sol. Face aux attaques répétées dans les Philippines voisines, Djakarta s'inquiète de l'existence de ces extrémistes islamistes. «Ces cellules dormantes peuvent facilement se lier à d'autres cellules radicales» a averti le général. L'EI serait, par le biais de ce réseau dormant, implanté dans toutes les provinces indonésiennes, à l'exception de la Papouasie, à majorité chrétienne, située à l'est de l'archipel de plus de 257 millions d'habitants.

Ces cellules clandestines, difficiles à appréhender pour les autorités, sont considérées comme une menace sérieuse, au vu des nombreux attentats frappant l'Asie du Sud-Est et principalement les Philippines depuis quelques semaines. La proximité géographique des deux pays facilite le passage des militants de Daech vers l'Indonésie pour fuir leur seul siège officiel de la région, la ville de Marawi sur l'île de Mindanao, en passe d'être reprise par l'armée philippine. «Leur venue (de Marawi) pourrait activer ces cellules dormantes», met en garde Nurmantyo.

Après avoir connu une violente série d'attentats dans les années 2000, l'Indonésie est depuis un an la cible des attaques de Daech. La première survenue en janvier 2016 à Djakarta avait été revendiquée par le groupe terroriste implanté dans l'archipel, Jamaah Ansharut Daulah (JAD). L'organisation a prêté allégeance à l'État islamique qui a également revendiqué le double attentat suicide du 24 mai, tuant trois policiers dans la capitale.

Pays musulman le plus peuplé au monde, la République indonésienne a depuis son indépendance intégré l'islam à la politique. La religion est représentée par cinq partis et le militantisme islamique est intégré et accepté publiquement.

Par Emma de Pierrepont le 14/06/20017

Le Figaro