mercredi 7 juin 2017

Treize morts dans les premiers attentats de l’EI à Téhéran

Téhéran Iran

Des hommes armés et des kamikazes ont attaqué mercredi le Parlement et le mausolée de l’imam Khomeiny à Téhéran, faisant 13 morts et des dizaines de blessés, les premières attaques revendiquées par le groupe Etat islamique (EI) dans le pays.

En soirée, dans une première réaction officielle, le président iranien Hassan Rohani a appelé à l’unité et à la coopération régionale et internationale contre le terrorisme, dans un communiqué publié par le site de la présidence.

Selon lui, ceux qui veulent du mal à l’Iran (…) ont recruté des éléments réactionnaires et takfiris (nom donné en Iran aux groupes jihadistes) pour tenter de cacher leur échecs régionaux et faire oublier le mécontentement au sein de leur propre société.

Il n’a cependant pas cité l’Arabie saoudite et les Etats-Unis comme l’ont fait plus tôt les Gardiens de la Révolution, l’armée d’élite du régime, qui ont dénoncé l’implication” de ces deux pays dans les attentats.


Menées presque simultanément, les attaques lancées dans la matinée contre deux lieux hautement symboliques ont fait 13 morts selon un dernier bilan de l’agence Isna, et au moins au moins 46 blessés.

Elles ont duré plusieurs heures et les forces de l’ordre contrôlent (désormais) la situation, selon le ministère de l’Intérieur qui a affirmé que les six assaillants étaient morts.

Le premier groupe qui a attaqué le mausolée était composé de deux personnes: la première s’est fait exploser dans les jardins du mausolée et la seconde a été tuée par les forces de l’ordre, a-t-il ajouté.

Quatre assaillants ont mené l’attaque contre leParlement, a poursuivi le ministère. Deux se sont fait exploser et et deux autres ont tués par les forces de sécurité.

Les assaillants du Parlement étaient âgés de 20 à 25 ans, a déclaré à l’agence Fars Mohammad Hossein Nejat, chef adjoint des services de renseignement des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite d’Iran. 

Vengeance

Il a accusé l’Arabie saoudite, rival régional de l’Iran, et les Etats-Unis, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec Téhéran, d’avoir ordonné à leurs marionnettes de mener ces attentats.

Dans un communiqué, les Gardiens de la révolution ont noté que les attentats ont eu lieu après la rencontre du président américain Donald Trump avec le chef d’un des gouvernements réactionnaires de la région qui a toujours soutenu les terroristes, en référence à l’Arabie saoudite.

La revendication par Daech (EI) montre qu’ils sont impliqués, poursuivent-ils, promettant de ne laisser jamais sans vengeance le sang d’innocent versé.

Les hommes armés qui ont fait irruption au Parlement étaient déguisés en femmes, selon le vice-ministre de l’Intérieur Hossein Zolfagari.

C’est la première fois que l’EI, un groupe extrémiste sunnite, revendique des attentats en Iran. Des combattants de l’EI ont attaqué le mausolée de Khomeiny et le siège du Parlement à Téhéran, a indiqué Amaq, agence de propagande de l’EI.

Selon le ministère des Renseignements, un autre groupe de terroristes a été neutralisé à Téhéran avant de passer à l’action.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a affirmé que ces attentats allaient renforcer la détermination des Iraniens à lutter contre le terrorisme.

La Russie, alliée de l’Iran, a condamné les attentats, estimant qu’ils prouvaient une nouvelle fois la nécessité de coordonner la lutte antiterroriste.

L’Iran et la Russie sont engagés militairement en Syrie aux côtés du pouvoir contre les groupes rebelles et jihadistes.

Téhéran aide également militairement l’Irak dans sa lutte contre l’EI, responsable de nombreux attentats à travers le monde.
Damas et Bagdad ont dénoncé ces attaques, ainsi que les Etats-Unis, la France et l’Allemagne.

Cellules démantelées

En dépit des vives tensions avec l’Iran, les Emirats arabes unis ont dénoncé une attaque terroriste (…) dirigée contre des innocents.
Les Emirats font partie des pays arabes emmenés par l’Arabie saoudite sunnite, grande rivale de l’Iran chiite, qui ont rompu avec le Qatar en l’accusant à la fois de soutenir “le terrorisme et de se rapprocher de Téhéran.

Les dernières attaques àTéhéran remontent au début des années 2000 pour la plupart commises par l’organisation d’opposition armée iranienne des Moudjahidine du peuple.

Les forces de sécurité iraniennes ont affirmé ces deux dernières années avoir démantelé des cellules de l’EI en Iran et déjoué des tentatives d’attentat de sa part.

Dans une vidéo publiée en mars, l’EI avait menacé l’Iran, affirmant que le groupe allait conquérir ce pays, le rendre à la nation musulmane sunnite et provoquer un bain de sang chez les chiites.

Si ces dernières années certaines régions proches des frontières avec l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan ont été ciblées par des groupes armés, les grands centres urbains avaient jusqu’alors été épargnés.

Le 07/06/2017

24 Matins