jeudi 8 juin 2017

Violences : le cri d'alarme des policiers

Police VL

Deux jours après l’agression d’un policier par un djihadiste à Paris, les syndicats de police ont attiré l’attention sur leurs conditions de travail et leur vulnérabilité face au terrorisme, rapporte L’Express.

Ce mardi 6 juin, un policier a été attaqué à coups de marteau par un djihadiste, devant la cathédrale Notre-Dame de Paris. Un événement qui rappelle que la menace terroriste plane toujours sur le pays, et en particulier sur les forces de l’ordre, devenues des cibles privilégiées. Dans les colonnes de L’Express, les syndicats de police ont tenu à rappeler les risques auxquels s’exposent tous les jours les agents de la paix.

Nous sommes tous devenus des cibles

Nous sommes tous sur la défensive, les missions de police sont encore plus prenantes quand on prend en compte ce risque”, a déploré Axel Ronde, de la CGT Police d’Île-de-France. Nous sommes tous devenus des cibles et les terroristes utilisent des moyens rudimentaires pour nous attaquer, on l'a bien vu mardi: l'assaillant a utilisé un marteau, a-t-il expliqué. Des dires confirmés par un autre syndicaliste, qui a préféré garder l’anonymat : On a beau prendre les précautions maximales, on ne peut empêcher un policier en tenue de devenir une cible, si un individu a décidé de s'attaquer à lui. Il n'y a pas de risque zéro”.

Des conditions de travail éreintantes, qui peuvent menerles policiers à adopter une posture de vigilance permanente” qui peut à long terme, se ressentir sur l’état physique de psychologique de l’institution, a prévenu Céline Berthon, du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN).

Craintes autour de la levée de l’état d’urgence

Il y a quelques semaines, les syndicats policiers avaient fait part de leurs exigences au ministère de l’Intérieur. Si certaines de leurs demandes ont été entendues, notamment en ce qui concerne les armes et le matériel de protection, les forces de l’ordre déplorent un parc automobile encore trop restreint.

Également, une possible levée de l’état d’urgence inquiète les forces de police.Il nous a donné accès à des moyens utiles pour la prévention et la sécurisation de la population, des espaces et des événements, sa levée ne doit pas nous priver de ces actes utiles”, a indiqué Céline Berthon, tels que les perquisitions administratives, les assignations à résidence, les mesures permettant de sécuriser les grands événements et la fermeture des lieux de culte”. Les agents de la paix auront leur réponse le 21 juin prochain, lors du prochain Conseil des ministres, où un texte de lois sécuritaires sera présenté.

Le 08/06/2017

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