jeudi 27 juillet 2017

La déception des ténors politiques ralliés à Macron

Tourret LREM

La déception étreint les anciennes personnalités de la politique, ralliées à Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle.
Pendant la campagne, chaque personnalité au nom un tantinet célèbre qui se ralliait à Emmanuel Macron, lui permettait d'affermir le sérieux de sa candidature. Robert Hue, Corinne Lepage, Alain Tourret, toutes ces anciennes figures de la politique ont permis au candidat Macron d'accroître sa crédibilité. Et puis les législatives ont accouché du «nouveau monde» macroniste et lère du désenchantement a débuté pour ceux qui, pendant si longtemps, ont fait partie de l'ancien.

Le premier épisode s'est déroulé autour de la loi de moralisation de la vie publique dont l'examen a débuté il y a quelques jours à l'Assemblée. Pour le gouvernement, il faut frapper fort et vite car cette loi doit être un emblème du quinquennat. Les députés sont sommés de se délester de certains privilèges précieux: leur indemnité de frais de représentation (IRFM), la possibilité d'employer un ou plusieurs membres de leur famille et leur réserve parlementaire qui sert à financer des projets locaux. Les députés macronistes n'ont pas intérêt à piper mot puisqu'ils ont précisément signé pour ça, la réforme était stipulée dans le programme présidentiel de leur seigneur et maître.

Alain Tourret a évoqué une «réforme dangereuse»

Si les jeunes pousses de la start-up Macron n'ont pas eu le temps de s'habituer à ce confort de la vie parlementaire, ce n'est pas le cas d'un Alain Tourret, 69 ans, élu pour la première fois en 1997, ancien membre du Parti radical de gauche et proche d'Emmanuel Macron.

Le député LREM vit très mal cette redite de la nuit du 4 août qui veut le forcer à produire des notes de frais pour se voir rembourser repas et billets de train. En pleine séance d'examen en commission des lois, Alain Tourret s'en est pris à cette réforme «dangereuse» et s'est indigné de devoir peut-être aller au McDo. Sans doute sermonné après son envolée verbale en commission, le député a pesté contre le manque de «parole libre» dans le mouvement.

Robert Hue souhaite qu'une «autre direction soit prise»

En janvier, Corinne Lepage louait le candidat Macron et parlait de lui comme «la meilleure solution pour la France». En juillet, Corinne Lepage file un coup de main aux adhérents du mouvement qui intentent une action en justice pour protester contre les nouveaux statuts du parti, pas assez démocratiques à leurs yeux. Si l'eurodéputée MoDem n'assimile pas sa démarche à une rébellion, elle admet que le «centralisme démocratique» d'En Marche la gêne.

Autre dossier, autre motif d'embarras pour Robert Hue. Rallié à Emmanuel Macron en mars, le candidat à la présidentielle de 1995 a fait savoir que le tout petit parti qu'il préside, le Mouvement des progressiste (MdP) était contre la baisse de cinq euros du montant des aides aux logements (APL) prévue pour la rentrée. Le sénateur du Val d'Oise a émis le souhait «qu'une toute autre direction soit prise afin que les propositions faites pendant la campagne électorale par le candidat Emmanuel Macron - hausse du pouvoir d'achat, protection des classes sociales les moins favorisées - soient véritablement mises en œuvre».

Extrêmement composite, la majorité macroniste n'est soudée que par une commune admiration pour Emmanuel Macron et par l'envie de faire de la politique autrement. Comme «Manu», devenu chef de l'État, n'a que peu de temps à consacrer à ses grognards, l'admiration risque de passer et comme le nouveau monde ressemble de plus en plus à l'ancien, il n'est pas impossible que la fragile majorité ne se disloque avant l'hiver.

Par Madeleine Meteyer le 27/07/2017

Le Figaro