jeudi 31 août 2017

Florian Philippot, vice-président du Front National sur France Info le 31/08/2017


Nicolas Bay, Secrétaire général du Front National sur BFM-TV le 31/08/2017


Le responsable PS agressé par un député LREM est en soins intensifs

Violence poing

Mercredi, un député de la République en Marche a violemment agressé un responsable du Parti socialiste, Boris Faure, premier secrétaire de la fédération PS des Français de l'étranger. A la suite de ces violences, ce dernier a été admis à l’hôpital en urgence, et son état s’est “rapidement dégradé”, comme l’a indiqué sa famille dans un communiqué. Il a “dû être opéré en urgence”. “Les médecins ne se prononcent pas à ce stade sur les suites pour son état de santé" et il est aujourd'hui en soins intensifs et reste sous surveillance peut-on lire dans ce texte transmis par le Parti socialiste.

Dans un communiqué, le Parti socialiste a condamné les actes du député M'jid El Guerrab : Si les circonstances restent encore à éclaircir, il semble établi que notre camarade a reçu des coups, notamment de casque de scooter, d'une violence telle que les pompiers ont été contraints de le transporter en urgence à l'hôpital où il a dû subir une opération chirurgicale. Le Parti socialiste condamne avec la plus grande fermeté cette agression.

le 31/08/2017

Valeurs actuelles

Les Etats-Unis ordonnent la fermeture du consulat de Russie à San Francisco

San Francisco consulat russe

Les Etats-Unis demandent à la Russie de fermer son consulat à San Francisco, ainsi que deux de ses bâtiments diplomatiques à Washington et à New York en réponse à la décision du Kremlin de réduire le nombre des diplomates américains en Russie.

Washington a fait savoir le 31 août que la Russie avait jusqu'au 2 septembre pour fermer son consulat général à San Francisco, ainsi que deux bâtiments diplomatiques russes à Washington et à New York. Cette mesure a été prise en représailles à la réduction drastique du personnel des représentations diplomatiques américaines en Russie.

Le département d'Etat américain a fait savoir par le biais d'un communiqué qu'il souhaitait «mettre un terme au cercle vicieux» qui ne cesse, selon lui, de détériorer les relations entre les Etats-Unis et la Russie, et espère que sa décision n'entraînera pas «de nouvelles représailles».

Lavrov regrette l'escalade des tensions entre Moscou et Washington

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, s'est entretenu par téléphone ce 31 août avec son homologue américain Rex Tillerson, à la suite de cette nouvelle décision américaine. Le chef de la diplomatie russe a dit regretter l'escalade des tensions entre Moscou et Washington dont il estime qu'elle a été initiée par les Etats-Unis. L'ordre de fermer le consulat de Russie à San Francisco n'est en que le dernier rebondissement. «Les nouvelles mesures annoncées par les Américains seront étudiées avec attention à Moscou», a précisé le ministre. 

Enchaînement de sanctions russes et américaines
 
Fin juillet, la Russie a décidé de faire passer de 755 à 455 le nombre de diplomates américains présents sur son territoire, soit le même nombre que les diplomates russe habilités à travailler aux Etats-Unis. Cette décision a été prise en réaction au vote par les deux chambres du Congrès américain de nouvelles sanctions américaines visant la Russie. Un renvoi de diplomates qui a également fait écho à celui décrété par l'administration Obama à l'encontre de diplomates russe à la fin de l'année 2016.

A la toute fin de son mandat, l'ex-président américain Barack Obama avait en effet décidé d'expulser 35 diplomates russes en poste aux Etats-Unis, afin de sanctionner la supposée ingérence de Moscou dans la campagne électorale américaine de 2016. L'ancien locataire de la Maison Blanche avait également fait fermer deux complexes résidentiels russes dans le nord-est des Etats-Unis. Washington estimait qu'ils étaient utilisés par des espions russes.

A l'époque, le président russe Vladimir Poutine avait fait le choix de ne pas réagir, attendant de voir quelle serait l'attitude de l'administration Trump. Il avait pris le parti d'inviter les enfants des diplomates américains à la fête traditionnelle organisée au Kremlin à l'occasion du Nouvel An et du Noël orthodoxes.

Le 31/08/2017

RT France

Code du travail : ce que change la réforme pour les licenciements

Philippe Pénicaud

Les licenciements constituaient l'un des grands chantiers de la réforme du Code du Travail. Les ordonnances présentées par Édouard Philippe et Muriel Pénicaud, jeudi 31 août, transforment de nombreuses règles liées auxmotifs de licenciement et aux recours devant les conseils de prud'hommes

Dans l'esprit du gouvernement, l'idée est d'introduire un maximum de flexisécurité : plus de souplesse pour les entreprises, plus de sécurité pour les salariés. Il est ainsi question de rendre plus simple les procédures

Un formulaire-type est ainsi créé pour rappeler "les droits et devoirs de chaque partie" et éviter "les erreurs" de forme. "Voir le licenciement contesté uniquement parce qu'il n'a pas correctement rédigé les documents, c'est ajouter de la complexité qui, loin de protéger le salarié, peut parfois mettre en danger l'entreprise", argumente l'exécutif.

Que contiennent les ordonnances ?

Au sein de l'opposition, on bondit. "Une vieille demande du patronat est aujourd'hui satisfaite, (...) c'est la redéfinition des périmètres pour les licenciements économiques, puisque maintenant, une multinationale qui fait des bénéfices juteux à l'échelle du monde pourrait organiser l'asphyxie financière d'une unité, d'une filiale, en France avec des licenciements", s'est étranglé Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste français. Du côté du patronat, Pierre Gattaz a salué une partie des mesures prises concernant ce dossier. Qu'en est-il réellement ? Faisons le point, avec les mesures en faveur des salariés, et celles qui bénéficient principalement aux entreprises.

Les + pour les salariés

Des indemnités légales de licenciement augmentées de 25%.
Avec ce nouveau système, un salarié licencié après dix années d'ancienneté, alors qu'il touchait en moyenne 2.000 euros par mois, va voir son indemnité légale passer de 4.000 à 5.000 euros. Jusqu'à présent, les indemnités étaient à 1/5e de mois.

Des planchers pour les indemnités prud'homales des salariés des TPE. Il sera fixé à quinze jours à partir d'un an d'ancienneté. Il augmentera progressivement, pour atteindre deux mois et demi à partir de neuf ans d'ancienneté.

Un barème particulier pour les cas de violation d'une liberté fondamentale. Dans ce cas, l'indemnité prud'homale ne pourra être inférieure à six mois de salaire et le juge peut décider librement de la sanction qui s'impose.

Les + pour les entreprises

Des plafonds pour les indemnités prud'homales. Les dommages et intérêts ne peuvent être supérieurs à un mois de salaire, en dessous d'un an d'ancienneté. Ceplafond augmente d'un mois par année, jusqu'à dix ans d'ancienneté. Ensuite, cela passe à un demi-mois par année. Il n'est pas possible de dépasser vingt mois, au total.

Une limite d'un an pour saisir les prud'hommes, dans tous les cas. Jusqu'à présent, ils avaient déjà un an en cas de licenciement économique, mais deux ans pour les autres licenciements

Les vices de forme ne l'emportent plus sur le fond. En cas d'erreur de forme réalisée par un employeur dans une lettre de licenciement, la procédure ne sera plus caduque si le fond est justifié et ne peut être contesté. Une sanction demeure, mais ne peut excéder un mois de dommages et intérêts. Pour éviter les erreurs, les employeurs et salariés auront accès à un formulaire-type indiquant les droits et devoirs de chaque partie lors d'un licenciement

Plus de souplesse pour les licenciements économiques. Lorsqu'une entreprise se retrouve en difficulté à cause de perturbations du secteur d'activité sur le territoire national, l'entreprise peut désormais réduire ses effectifs. Jusqu'à présent, le monde entier était le seul périmètre valable pour réduire ses effectifs en invoquant le motif économique.

Plus d'obligation de proposition de reclassement. Il n'est plus imposé aux entreprises de soumettre les offres d'emploi du groupe dans le monde entier, aux salariés qui sont licenciés. Avec l'ancien système, les travailleurs pouvaient se voir proposer des postes à l'étranger avec une rémunération inférieure au Smic.

Par Julien Absalon le 31/08/2017

RTL

Réaction du Front National à la présentation des ordonnances de réforme du code du travail

Flamme large

Communiqué de presse du Front National du 31/08/2017

Le gouvernement a présenté ses ordonnances de réforme du code du travail.

Plusieurs points méritent une condamnation ferme.

D’abord la méthode n’est pas acceptable, comme nous l’avions souligné lors du vote au pas de charge au mois de juillet de la loi d’habilitation : il n’est pas démocratique de mener une réforme aussi impactante pour les salariés et la vie des entreprises en rédigeant des ordonnances en catimini pendant les vacances des Français.

Et ce d’autant plus qu’il s’agit en réalité de répondre à la feuille de route imposée à la France par l’Union européenne et l’Allemagne. La présence du vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel hier au Conseil des ministres à l’Elysée et qui s’est dit « assez impressionné » par le projet de réforme du code du travail, en témoigne.

Par ailleurs, sur le fond, les craintes que nous évoquions lors du premier débat parlementaire s’avèrent fondées. Le texte qui est présenté s’oriente en effet clairement vers un droit du travail encore plus favorable aux grandes entreprises et pas aux TPE-PME, contrairement à ce que prétend le gouvernement, tout en précarisant encore davantage, gravement et inutilement les salariés. Ainsi, les indemnités prud’homales seront effectivement plafonnées, l’accord d’entreprise sera renforcé au détriment de l’accord de branche, le CDI de chantier sera généralisé, etc.

Un point paraît particulièrement problématique : en cas de licenciement économique, l’appréciation de la santé économique des entreprises se fera uniquement sur le périmètre national, ce qui permettra aux multinationales d’organiser des plans de licenciement massifs en toute légalité simplement pour augmenter leurs profits.

On relève au passage que le gouvernement utilise les mêmes grosses ficelles que ses prédécesseurs pour faire passer sa pilule ultralibérale. Il a ainsi agrémenté ses ordonnances de quelques cadeaux aux syndicats, comme par exemple avec la création de cet improbable observatoire de la négociation collective.

En réalité, cette application servile de l’orthodoxie bruxelloise ne créera pas un emploi, et ne répondra en rien aux besoins réels des entreprises et notamment des TPE-PME. Ces dernières, qui devraient être la priorité du gouvernement, veulent qu’on allège la complexité administrative, qu’on facilite leur accès au financement, et surtout elle souhaitent des carnets de commandes remplis. Pour cela, c’est une réforme en profondeur du modèle économique qu’il faut engager, en mettant par exemple en œuvre le patriotisme économique, c’est-à-dire l’accès privilégié à la commande publique pour les entreprises françaises, aujourd’hui interdit par l’Union européenne.

Front National

Le déboulonnement de statues va-t-elle déferler en France ?

Statue de Colbert AN

Vous souvenez-vous du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France) et de son mythique président Patrick Lozès, remplacé en 2011 par Louis-Georges Tin ?

Sur le modèle du CRIF, l'association fondée en 2005,  est l'association communautariste qui se proclame "l'unique" représentante de la "communauté noire " en FranceChampionne de la repentance, elle s'est illustrée par une campagne en 2009 contre le contrôle au faciès exercée selon elle par les forces de l'ordre, une réforme des concours administratifs ou encore le vote obligatoire.Tout cela allant, bien évidemment, dans le sens souhaité d'une "discrimination positive" louangée durant son mandat par Nicolas Sarkozy

Dernièrement, en mai 2015, le CRAN  s'en est pris à l'ancien patron du MEDEF, Pierre-Antoine Sellière, qu'il accuse de  "crime contre l'humanité " et "recel de crime contre l'humanité " rien que cela !

Mais le plus étonnant, en est sont les raisons :

Le motif est tout simplement le fait qu'il est l'un des héritiers de la famille Seillière de Laborde, propriétaire de vaisseaux négriers et cela au... XVIIIsiècle!!

Si l'un de mes ancêtres fut l'un des guerriers gaulois qui participa à la bataille d'Alésia, les italiens peuvent donc sans problème m'assigner aussi en justice !!

Mais comme la mousse a vraiment beaucoup de mal à prendre avec de tels arguments, Louis-Georges Tin vient de sortir du bois avec une nouvelle idée.

Une nouvelle lubie puisée certainement des Etats-Unis où l'on assiste à une véritable épidémie de déboulonnement de statues concernant des personnages historiques de la guerre de sécession entre les Etats du Sud et ceux du Nord entre 1861 et 1865.  Le président du CRAN Accusant notamment, mais là, il s'agit d'une facilité, le général Robert Edward Lee d'être un "esclavagiste", pourtant il aurait suffit à monsieur Tin de se renseigner sur le parcours du général américain pour qu'il reconsidère son opinion.

Le président du CRAN a ciblé en cette fin de mois d'août 2017 , Jean-Baptiste Colbert qui fut l'un des principaux ministres de Louis XIV de 1669 à 1683.

Dans une tribune publiée ce lundi par le quotidien de la gauche caviar et des beaux quartiers, Libération, monsieur Tin écrit en visant Jean-Baptiste Colbert : il " est l’auteur du Code noir, celui qui a organisé en France ce crime contre l’humanité, et aussi le fondateur de la Compagnie des Indes occidentales, de sinistre mémoire. N’est-il pas choquant que personne (ou presque) ne soit choqué ?" Mieux encore, Louis-Georges Tin fait un paralèle avec Adolf Hitler !!

Il demande donc que soit débaptisé les rues, avenues, squares (etc.) qui portent le nom du ministre du Roi Soleil et que ses statues soient enlevée et remplacée " par des figures de personnalités noires, blanches ou autres ayant lutté contre l’esclavage et contre le racisme".

Et de conclure son texte : "Il faut décoloniser l’espace, il faut décoloniser les esprits, c’est aussi cela la réparation à laquelle nous appelons le Président"

Espérons qu'Emmanuel Macron ne tombe pas dans ce chaudron qui  le ferait  passer pour celui qui aurait fait passer de la théorie à la pratique le concept utilisée déjà en son temps par l'idéologie communiste : faire table rase du passé...er donc de toute l'Histoire qui a fondé sur plus d'un millénaire notre pays.

GS

mercredi 30 août 2017

PS et comptes de campagne : Hamon menace de tout balancer…

Benoït Hamon rigolard


Par Marie Delarue * le 30/08/2017

Au moment où les Français ratissaient leurs fonds de poche pour savoir s’ils allaient s’offrir un chouchou ou une glace en remontant de la plage, la guerre des roses faisait rage au Parti socialiste. C’est ainsi depuis la nuit des temps : le mort est à peine froid et le caveau pas encore refermé qu’on s’écharpe déjà autour de l’héritage.

En portant Emmanuel Macron au pouvoir, la dernière élection présidentielle a achevé la vieille classe politique. Les « grands partis » en sont, eux aussi, à retourner leurs fonds de poche et accusent à qui mieux mieux les candidats qui, portant leurs couleurs, ont entraîné durablement leur déconfiture et, de ce fait, accéléré leur faillite.

Ainsi le camarade Fillon, dont on a découvert, chemin faisant, qu’il avait un penchant certain pour l’argent, de se garder la cagnotte des primaires pour son micro-parti Force républicaine. Finalement, après d’âpres tractations, un accord a été signé fin juillet par lequel l’ex-candidat consent à rendre à la maison mère un million d’euros des dons perçus pendant la campagne.

Grand seigneur, le châtelain

Pas mieux au Parti socialiste.

Benoît Hamon, l’homme du « revenu universel » et de la redistribution tous azimuts, est aussi accusé d’avoir utilisé une partie de l’argent de la campagne, payée par lePS puisqu’il était le candidat issu des primaires, pour financer la création de son « Mouvement du 1er juillet ». Une campagne très onéreuse puisque avec 15,07 millions dépensés, elle le place en seconde position derrière Emmanuel Macron (16,7) et devant François Fillon (13,78) et Jean-Luc Mélenchon (11,68). 

À noter : le FN arrive en queue avec « seulement » 2,42 millions dépensés pour la campagne de Marine Le Pen !

Eu égard à son score minable (6,35 % des suffrages), « chaque voix lui a ainsi “coûté” 6,58 euros, contre moins de 2 euros pour ses principaux concurrents », a calculé Valeurs actuelles. Bref, le PS est exsangueD’où les accusations des apparatchiks de Solférino, Julien Dray en tête. Le 9 août, il se lâche sur le plateau de LCI : « Y a un audit à faire, y a une explication à donner. Pour l’instant, on a du mal à se faire une idée. On trouve que c’est beaucoup de sous pour un résultat très modeste. »

D’autant qu’un autre héritier vient cogner à la porte pour réclamer sa part.

C’est Yannick Jadot, l’ectoplasme d’EELV, ex-candidat à l’Élysée avant de renoncer pour cause d’alliance avec Benoît Hamon, et qui réclame aujourd’hui les 200.000 euros qu’il avait déjà avancés pour sa propre campagne et dont on lui avait promis le remboursement. « Comme ces frais ne pouvaient être intégrés légalement dans les comptes de campagne de Benoît Hamon, cela a directement été discuté avec le Parti socialiste », confiait, fin juillet, son trésorier au Figaro. « Nous avons conclu un accord formel, mais pas écrit. L’engagement pris était légitime, et correspondait au budget de précampagne, pendant la collecte des 500 signatures. C’est une somme importante pour un petit parti comme nous. »

Mais Benoît Hamon et ses amis n’entendent pas se laisser accuser et répliquent dans Libération : « Le niveau des dépenses du candidat socialiste au premier tour est inférieur à celui des principaux candidats des élections de 2007 et de 2012. »

Nouvelle salve des hollandais le 24 août, le culbuto évincé cherchant manifestement à revenir sur le devant de la scène. Mais il pourrait lui en cuire car Le Canard enchaîné, en ce dernier mercredi d’août, nous apprend que les proches de Benoît Hamon font planer la menace :

« Si vous continuez, on balance toute la vérité sur la campagne présidentielle de Ségolène Royal (2007) et de François Hollande (2012). Et on en connaît beaucoup. »

On attend de voir…

Ah, un détail, pour finir. Le total des dépenses de campagne est de 74,1 millions d’euros pour les présidentielles de 2017. En 2012, il atteignait 98,6 millions, dont 45,8 pour Nicolas Sarkozy. Chiffres du Conseil constitutionnel publiés au Journal officiel du 3 août.
 
* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Les clubs sportifs inquiets de l'entrisme des islamistes radicaux

Sport islam

À l'heure où la France se prépare à l'organisation des JO de 2024, faut-il cacher ce sujet sous le tatami? Au contraire, «il faut assurer», s'est persuadée la région Île-de-France, qui vient d'instaurer une formation à la prévention de la radicalisation dans le sport: des référents des 78 ligues seront bientôt formés, à la fois sur les «valeurs de la République» et à la détection de jeunes en danger. Prières dans les vestiaires, refus de la mixité, entraînements par des individus proches de la mouvance salafiste… 

Depuis la publication, fin 2015, d'une note confidentielle du Service central du renseignement territorial (SCRT), «Le sport, vecteur de communautarisme, voire de radicalisme», les clubs ont pris conscience des risques. «C'est un phénomène que l'on retrouve partout en Europe, mais que l'on ne veut pas voir, souligne Médéric Chapitaux*, ancien gendarme, fonctionnaire du ministère des Sports devenu consultant. Et auquel personne n'a encore trouvé de parade efficace… Les fédérations sportives n'ont aucun moyen juridique pour évincer un éducateur sportif fiché S, par exemple. Or son influence peut être considérable, puisqu'il peut préparer en même temps le corps et l'esprit à un objectif précis

Où trouve-t-on de jeunes proies faciles à embobiner? «Dans les clubs de sport! répond Patrick Karam, vice-président de la région chargé de la jeunesse et des sports. On estime qu'une radicalisation, ça peut prendre trois mois seulement: c'est donc une course contre la montre.» L'idée du conseil régional: «mettre en place un réseau d'alerte qui va nous permettre d'apporter des réponses éducatives pour empêcher tout basculement». «Il y a parfois des signaux faibles, et, le temps que l'on comprenne, le gamin a basculé, déplore Patrick Karam.

Jusqu'à présent, c'était une question de survie, pour les clubs, les fédérations, de se réfugier dans l'omerta. Rendez-vous compte: s'ils apprennent qu'il y a des problèmes de radicalisation dans un club, les parents en retirent aussitôt leurs enfants, et le club perd les subventions de la mairie…»

Selon la note du SCRT, les surveillances effectuées sur le terrain, notamment au sein d'associations d'amateurs, ont mis en évidence, sur tout le territoire français, de nombreuses dérives révélant des «noyautages» religieux, voire de graves entorses commises au nom d'un «droit à la différence», orchestrées par des individus se posant en victimes de racisme et d'islamophobie à la moindre remarque. «Le modus operandi qui mène à ces replis communautaires, voire au prosélytisme, est souvent similaire, souligne le rapport. Les effectifs des adhérents de confession musulmane croissent rapidement, puis, forts de leur nombre, pèsent sur la vie du club. Si les dirigeants ne sont pas assez fermes, cet effet de masse conduit à des écarts, comme l'interdiction de l'accès du club-house aux femmes ou la suppression de boissons alcoolisées

À une question du sénateur LR Jean-Paul Fournier s'indignant de «ces démarches d'autant plus inacceptables qu'elles se font dans des bâtiments appartenant aux collectivités territoriales et que ces clubs sont parfois publiquement subventionnés», le ministère de l'Intérieur confirmait en juillet 2016 que «depuis un certain temps sont apparus dans des espaces dédiés au sport des phénomènes étrangers à son éthique et à ses valeurs: recrutements exclusivement menés au sein d'une communauté particulière, prosélytisme au profit de l'islam, actions de solidarité en faveur de la Palestine, refus de la mixité, tenues traditionnelles et prières». Par ailleurs, précisait-il, «l'apparition dans les clubs sportifs de salafistes et autres islamistes radicaux, dont les canons de la pratique religieuse leur interdisent pourtant le sport, est source de préoccupation et donc de vigilance».

Multiples dérapages

Malgré de nombreuses sollicitations, le précédent ministère des Sports n'a pas trouvé le temps de répondre au Figaro. L'été dernier, il avait diffusé un guide destiné à «Mieux comprendre et mieux prévenir les phénomènes de radicalisation». On peut y lire que «les pratiques sportives ne constituent pas en soi un terreau de radicalisation. Bien au contraire, l'activité sportive participe à la régulation des comportements.» Ce n'est pas du tout ce que pense Médéric Chapitaux: «On a vu que, sur les derniers attentats majeurs que l'on a eus en France, tous les terroristes étaient passés par un club de sport, affirme-t-il. De Mohamed Merah, qui pratiquait le foot, à Yassine Salhi, la boxe thaïe et les MMA (arts martiaux mixtes), en passant par Amedy Coulibaly, adepte de boxe thaïe. Quant à Chérif Kouachi, il a fréquenté un club de foot aujourd'hui dissous, mais remonté sous un autre nom, avec les mêmes pratiques douteuses.»

Ce jour-là, douze responsables de ligues sportives de l'Île-de-France, un peu perdus face aux multiples dérapages qu'ils constatent sur le terrain, écoutent le formateur du Comité national de liaison des acteurs de la prévention spécialisée (CNLAPS). Attention, bien sûr, à «ne pas confondre découverte de la religion, simple atteinte à la laïcité et radicalisation!» explique-t-il. «Si vous avez des cas dans votre club, parlez-en! ordonne l'expert. Ce n'est pas de la discrimination, pas du racisme, c'est de la responsabilité! Délation? Oubliez, et remplacez par protection. Car, en signalant un jeune, vous le protégez, lui et la société. Et surtout, ne pas l'exclure du club parce qu'il pose des problèmes…»

Autour de la table, les incidents vécus dans les différentes disciplines sont similaires. «Quand un gamin me confie:“Je ne peux pas aller me doucher avec les autres, par pudeur!”, je lui dis OK, rapporte un coach. Mais quand il réclame du halal, puis entraîne trois joueurs à faire la prière, là, faut reposer le cadre.» 

Une responsable de club se souvient: 

«Moi, on m'a même demandé les factures pour prouver que j'avais bien acheté du halal! Ces cinq dernières années, c'est que de la revendication! Un premier a prié dans le vestiaire, puis d'autres sont arrivés en djellaba, avec leurs sonneries de portables qui appelaient à la prière…» Un dirigeant de club de taekwondo est perplexe: «On m'a spécifié: “En compétition fédérale, vous appliquez le règlement, donc pas de voile, raconte-t-il. En revanche, chez vous, vous faites comme vous voulez.” Mais on a des menaces… L'un des jeunes a dit:“On va faire passer ça en demandant aux élus.”»

Pour Médéric Chapitaux, «une erreur fondamentale a été faite autour du mythe “black-blanc-beur”», popularisé par la victoire d'une équipe de France multiethnique à la Coupe du monde de football de 1998: «Cela a conduit à un laisser-faire chez les dirigeants de clubs, analyse-t-il. En 2004-2005 sont apparus les premiers signaux, puis, dès 2010, les revendications religieuses et les problèmes de radicalisation. Les principales disciplines touchées sont les sports de combat, le football et les arts martiaux.» Mais personne n'est épargné: «On se dit: pourquoi pas chez nous aussi?» s'alarme Michel Abravanel, vice-président du conseil fédéral de la Fédération française des sports de glace. Et de raconter une curieuse chorégraphie proposée par une équipe d'adolescentes

«Elles sont arrivées totalement voilées sur la glace, et se sont prosternées, semble-t-il, vers La Mecque. On a fait part de notre malaise aux dirigeants, et cela a permis de désamorcer le problème. Il est difficile de savoir quelle est la limite entre la chorégraphie et le geste prosélyte. Mais, même si c'était anodin, est-ce que, en laissant faire, cela ne prenait pas une signification différente?»

«Seuls sur le terrain»

Le consultant décline les signaux faibles qui doivent alerter: le changement d'apparence physique, de comportement, de vêtements, de langage. La vénération aussi: «Dans certains endroits, on va plus avoir le culte de Merah que celui de Zidane ! s'exclame Médéric Chapitaux. N'attendez pas que toutes les cases soient cochées! Dès que vous commencez à mal dormir, appelez la Licra ou le CNLAPS.» Un participant s'affole: «Mais moi, des comme ça, j'en vois tous les jours! Ouh là, je vais en remplir, des fiches de signalement…»

Au niveau national, les dirigeants de fédération aimeraient bien, eux aussi, que «le ministère des Sports», «les politiques» et «les autres régions» se mobilisent fortement… «Ça m'est arrivé quatre fois de signaler quelqu'un, indique Alain Bertholom, président de la Fédération française de lutte. Pas plus tard que la semaine dernière, un dirigeant m'a communiqué des informations suspectes. S'il va voir le maire, il n'y a qu'une chance sur dix qu'il prenne ses responsabilités: les politiques, souvent conditionnés par le clientélisme, ne veulent surtout pas créer de vagues…»

Président de la Fédération française de kick-boxing, muay thaï et disciplines associées (FFKMDA), Nadir Allouache confie que «deux jeunes filles de la région parisienne sont actuellement surveillées de près». «Nous espérons démanteler un réseau, explique-t-il. Mais c'est très difficile: il y a des personnes qui sont comme des hyènes, qui attendent le bon moment pour mordre. Pas des barbus ni des femmes voilées: des gens habillés comme vous et moi. Rémunérés à la mission. Une fois que les adolescents sont appâtés, c'est une autre personne qui récupère la proie. Et comme ils savent qu'ils sont particulièrement surveillés dans les grandes villes, maintenant ils s'infiltrent dans les petits clubs des zones rurales… Que fait l'État?»Pour tous, c'est le même constat désabusé: «On a l'impression d'être seuls sur le terrain.»

* Auteur de Sport, une faille dans la sécurité de l'État, Enrick éditions, 2016.

Par Stéphane Kovacs  le 30/08/2017

Le Figaro