lundi 14 mai 2018

«Déçus» par Virginie Calmels, plusieurs de ses jeunes soutiens claquent la porte


«On ne sait plus où est la vérité entre ce qu'elle dit et ce qu'elle pense.» La semaine dernière, le comité des «Jeunes avec Calmels» a vu une partie de ses têtes dirigeantes quitter le navire. En cause, selon eux: l'attitude trop modérée de Virginie Calmels au sein des Républicains sur les questions régaliennesen particulier sur l'immigration. Les jeunes sur le départ regrettent que la vice-présidente des Républicains n'ait pas réussi à se débarrasser de son image de «caution de gauche» de Laurent Wauquiez.

«On ne l'a pas assez entendue sur le projet de loi asile et immigration», regrette Erik Tegner, le responsable du mouvement, qui annonce mercredi au Figaro quitter le mouvement. «Quand elle a vu Laurent Wauquiez tomber à 8% dans les sondages, j'ai peur qu'elle se soit dit qu'elle devait incarner une ligne plus modérée», songe-t-il. «Elle a toujours été dans l'ambiguïté. Un coup elle se montre proche de la politique de Macron, ensuite elle revient vers la ligne de Wauquiez», déplore Aurélie Vialvice-présidente du mouvement, elle aussi démissionnaire.

Le coup de buzz dénoncé

Plus étonnant: les prises de positions de Virginie Calmels pour décliner les mains tendues des personnalités proches du Front National en ont agacé certains. Après avoir condamné l'appel de Thierry Mariani qui réclamait une alliance avec le FNla vice-présidente a rejeté la proposition de Nicolas Dupont Aignan. «Nous sommes déçus. On l'a plus entendue refuser de discuter avec la droite radicale que parler du fond. Or il faut que nous parlions à tout le monde. Nous le faisons déjà entre jeunes», assure un autre membre qui quitte la tête du mouvement. Parmi les noms qui reviennent régulièrement: celui de Marion Maréchal-Le Pen. «Sur le terrain, les militants ne font que parler d'elle positivement. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas échanger avec si elle revenait en politique», avance Erik Tegner, qui fût encarté au Front National à l'âge de 17 ans avant de rejoindre Les Républicains à 20. Selon lui, une soixantaine de «jeunes avec Calmels» s'apprêteraient à quitter à leur tour le mouvement. Un chiffre largement contesté par l'entourage de Virgine Calmels qui n'y voit que «quelques départs marginaux».Un départ «sain et préférable»

Dans l'entourage de la vice-présidente, on assure ne pas prendre l'épisode au sérieux, pointant du doigt les ambitions déçues du responsable, Erik Tegner. «Il espérait être nommé à la direction transitoire des Jeunes républicains. Finalement c'est Edwina Manika de l'équipe de Calmels qui a été nommée. Il en fait une affaire politique, c'est un peu triste pour lui», assure un cadre de l'équipe qui assure que les jeunes qui l'ont suivi dans la foulée ne représentent que sa «petite bande de copains». «Si Erik et deux ou trois de ses amis pensent qu'il faut un rapprochement avec le FN, alors leur départ du mouvement est sain et préférable car ma ligne a toujours été très claire: ferme sur le régalien et libérale sur l'économie. Pas d'alliance avec le Front national. Ce serait un renoncement à nos valeurs et convictions», juge Virginie Calmels. «Erik se cherche encore politiquement. il n'a pas de colonne vertébrale. Il y a beaucoup d'incohérence dans son discours. Les quelques autres qui le suivent le font par amitié», tempère Edwina Manika, qui représente le courant de Virginie Calmels à la direction transitoire des Jeunes LR.

La  direction  des Républicains préfère de son côté sourire «de l'aigreur» d'Erik Tegner. «Il est déçu de ne pas avoir été nommé à la direction des jeunes LR. Maintenant, il veut faire le buzz pour espérer monter dans le parti», explique-t-on. Le départ de plusieurs jeunes de l'équipe de Virginie Calmels n'étonne cependant pas certains cadres du parti. «Virgnie est trop solo, elle ne travaille pas assez en équipe, soupire l'un d'entre eux. Donc quand vous vous investissez à fond pour quelqu'un et qu'il n'y a jamais de retour, forcément, vous vous en allez.»

Par Pierre Lepelletier le 09/05/2018