mardi 8 mai 2018

Macron s'en prend à ceux "pour qui le summum de la lutte, c'est les 50 euros d'APL"


Ce lundi 7 mai à 21h est diffusé le documentaire "Emmanuel Macron, la fin de l'innocence", qui retrace la première année du quinquennat du président. Dans un extrait de ce film, le chef de l'Etat se livre à une attaque en règle contre "les gens qui pensent que la France, c'est une espèce de syndic de copropriété"...

C'est aussi ça, être un président "disruptif". Lorsqu'on lui en donne la possibilité, Emmanuel Macron ne manque jamais l'occasion d'adresser des piques à tous ceux qui le contrarientquitte à apparaître comme un chef de l'Etat clivant. Dernier exemple : un documentaire qui doit être diffusé ce lundi 7 mai, à 21 heures sur France 3.

Intitulé Emmanuel Macron, la fin de l'innocence, le film revient sur la première année du quinquennat du jeune président, et comprend des entretiens exclusifs avec le locataire de l'Elysée. Logique : le documentaire est réalisé par Bertrand Delaisnouveau président de LCP... et particulièrement proche d'Emmanuel Macron.

Sans doute mis en confiance par cette présence bienveillante, le chef de l'Etat s'est autorisé une digression, diffusée en avant-première sur France Inter, et qui devrait faire jaser. Invité par Bertrand Delais à commenter le sacrifice héroïque du lieutenant-colonel Arnaud BeltrameEmmanuel Macron commence plutôt classiquement : "Le colonel Beltrame, il est mort parce que la France ce sont des idées, des valeurs. Quelque chose d'une guerre qui le dépasse." Mais le président profite très vite du moment pour se livrer à une longue attaque en règle... contre les opposants à sa politique ! 

"Les gens qui pensent que la France c'est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus, une République dont on ne connaît plus l'odeur et des principes qu'il fait bien d'évoquer parce qu'on s'est habitué à eux, et qui invoquent la tragédie dès qu'il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que, en quelque sorte, le summum de la lutte, c'est les 50 euros d'APL, ces gens-là ne savent pas ce que c'est que l'histoire de notre pays", assène le chef de l'Etat, faisant notamment allusion à la colère provoquée par sa décision de baisser de 5 euros par mois les aides au logement en juillet 2017. Le tout avant de tranquillement revenir sur Arnaud Beltrame, en prenant les accents mystiques et le ton pénétré dont il a l'habitude : "L'histoire de notre pays, c'est une histoire d'absolu, c'est un combat pour la liberté, c'est une volonté d'être souverain face à tous les fascismes, c'est un amour de la  liberté au-delà de tout, c'est une volonté de l'égalité réelle. C'est ça la France.

Lors de son voyage dans le PacifiqueEmmanuel Macron s'était ému contre les politiques qui "tiennent un discours d'agitation", les jugeant responsables des violences commises en marge des manifestations du 1er-Mai.

On ne peut pas dire qu'il fasse tout son possible pour les calmer... 

Par Hadrien Mathoux  le 07/05/2018