jeudi 21 juin 2018

Afrique du Sud : un nouvel “apartheid” … anti-blanc ?


Tribune de Dominique Bilde, Député français au Parlement européen du 21/06/2018

Le prix Nobel de la paix sud-africain  Desmond Tutu, a dénoncé l’actuelle situation révolutionnaire de l’Afrique du Sud qui serait « pire que l’apartheid ». Le 27 février 2018, le Parlement sud-africain a notamment initié une révision de l’article 25 de la Constitution autorisant l’expropriation des terres sans compensation. Le président Cyril Ramaphosa a précisé qu’il s’agissait là de « panser les plaies du passé et accélérer la redistribution de la terre aux Sud­-Africains noirs ». Cette nationalisation des terres à la soviétique, comparable à un terrorisme marxiste, réduit au mieux les agriculteurs à de simples gestionnaires des terres sous le contrôle de l’État.

En outre, selon le Afriforum Navorsings-Instituut (26/04/2017), les attaques contre les propriétaires terriens d’origine européenne représentant 10 % de la population, autrement dit les « fermiers blancs » qui détiennent 73 % des terres, se multiplient en Afrique du Sud. Les chiffres témoignent d’une situation plus que préoccupante : on comptabilise 357 attaques en 2017 contre 96 en 201174 morts13 cas de tortures et 6 viols.

« Le temps de la réconciliation est fini. L’heure de la justice a sonné », a lancé M. Malema, homme politique, « nous ne cherchons pas la vengeance (…) nous voulons retrouver notre dignité ».

L’urgence de la situation appelle à condamner ces actes, notamment la révision constitutionnelle susvisée. Alors que l’Afrique du Sud est membre du Commonwealth, la reine Élisabeth ll semble encore peu active quant à la dénonciation de ces actes. L’UE, fidèle à son action “téméraire” ou plutôt intrusive dans de nombreux pays, devrait davantage se préoccuper de la situation en Afrique du Sud afin de venir en aide aux minorités persécutées en promouvant une tentative de médiation avec le gouvernement en place, ou encore songer à la création d’une charte entre l’UE et l’Afrique du Sud qui définirait la notion d’État acceptable.

Retour au statu quo, scission du pays en deux États, ou encore un retour en Europe des minorités discriminées : autant de possibilités qui laissent présager divers avenirs possibles  de ce système centralisé constitué de zones tribales.