mercredi 27 juin 2018

Limitation de vitesse à 80 km/h : Macron ne devrait pas revenir dessus...même si ça ne fonctionne pas !


Rouler moins vite, c’est moins de morts sur les routes, martèle le gouvernement. Aussi, la mesure visant à réduire la vitesse sur les nationales et départementales munies de deux voies sans séparateur va dans ce sens, peut-on penser à première vue. Sauf que des études contradictoires tantôt appuient et tantôt démentent cette affirmation. Pour vérifier si une telle réduction de la vitesse a véritablement un impact sur le nombre d’accidents, le mieux, c’est encore de tester. C’est en tout cas l’argument avancé par Emmanuel Macron, lors de son entretien accordé à Jean-Pierre Pernaut en avril dernier.

Si ça ne marche pas, on ne continuera pas”, avait ainsi affirmé le chef de l’État. Sauf qu’en cas de rétropédalage dans deux ans, les conséquences seraient colossales, notamment d’un simple point de vue budgétaireEt le gouvernement semble en avoir bien conscience. Tout d’abord, pour être plus sûr d’atteindre ses objectifs de diminution du nombre de tués chaque année sur les routes grâce à cette mesure, l'Exécutif à tout simplement revu à la baisse son ambition. Au début, il parlait de 400 vies épargnées chaque année. Depuis le rapport final, la formule a changé. Désormais, le ministère de l’Intérieur parle d’un objectif de 300 à 400 décès en moins par an soit quand même 25% de moins dans une fourchette basse !

Du côté du Premier ministre, malgré la colère des automobilistes, surtout rurauxle changement de position n’est pas à l’ordre du jour. “Si pour sauver des vies, il faut être impopulaire, j’accepte de l’être”, avait ainsi lancé Edouard Philippe. Selon un sondage exclusif YouGov pour Capital71% des Français sont en effet hostiles à cette mesure. Il est certain aussi que l’ensemble du territoire ne sera pas affecté de la même manière, comme vous pouvez le découvrir dans cet article répertoriant les départements les plus touchés par le passage de 90 à 80 km/h sur certaines routes nationales et départementales. (D’après une enquête du magazine AutoPlus).

Un rétropédalage qui coûterait une fortune à l’État

Cette mesure tant controversée du passage de 90 à 80 km/h sur certaines routes nationales et départementales va coûter entre 6 et 12 millions d'euros, de l’aveu même du ministère de l’Intérieur. Cette grosse facture est principalement liée au remplacement des panneaux de limitation de vitesse. "Le prix moyen pour changer un panneau est de 200 euros, 80 euros pour le panneau sorti d'usine, auxquels s'ajoutent 120 euros pour la pose", confiait ainsi à l’AFP Julien Vick, délégué général du Syndicat des équipements de la route (SER). En cas d’échec de la mesure sur le nombre de tués chaque année sur les routes, on voit mal comment le gouvernement irait justifier une nouvelle dépense en pure perte de 6 à 12 millions d’euros !

Mais cette somme dépensée reste une goutte d’eau face aux coûts de l’insécurité routière

40 milliards d’euros, c’est ce que coûteraient chaque année les accidents de la route. C’est en tout cas le chiffre avancé par Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière. Quant au temps perdu sur la route, elle estime que la “propagande a ses limites” : “On parle de personnes qui perdent trois ou quatre minutes sur un trajet de 40 kilomètres. Mais parle-t-on des millions de minutes perdues à cause des accidents ?”, s’interroge-t-elle. “Chaque année, 6 millions de journées de travail sont perdues à cause des accidents de la route”, affirme par ailleurs Chantal Perrichon. Il est vrai qu’en France en moyenne, près de 10 personnes meurent chaque jour sur les routes d’après les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur.