mercredi 13 juin 2018

Médine, Bezons, UNEF : islamisme et victimisation, la nouvelle tendance


Laurent Bouvet, professeur de Science politique à l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines s’est fait agonir d’injures et de menaces pour avoir soulevé l’incohérence évidente du discours de l’UNEF – « nécessairement » progressiste puisque de gauche et réellement historiquement laïque – porté par la présidente de la section de l’Université Paris IV qui apparaît dans les médias en hijabImmédiatement taxé d’islamophobe et de fauteur de haineLaurent Bouvet a subi un raz de marée de tweets et autres messages nauséabonds.

A voir pourtant le courage et la détermination avec lesquels ces femmes kurdes, iraniennes ou algériennes, défient au quotidien le risque d’emprisonnement et de sévices par la police religieuse pour avoir le droit de marcher les cheveux au vent, ou ces femmes au Maroc qui refusent de voir leurs fillettes de trois ans voilées, on peut légitimement s’interroger sur la nature des combats féministes ici et ailleurs.

Pour se défendre, l’UNEF dégaine toujours les mêmes arguments inversés : « Notre syndicat défend les principes de laïcité et de féminisme, et c'est au nom de ceux-ci que nous défendons le droit des étudiantes de faire leurs propres choix, dont porter le voile au sein du service public de l'enseignement supérieur ». Le droit de choisir librement de ne pas être libreMerci l’UNEFPourquoi pas. Mais assumer des choix que l’on prétend personnels alors que l’on remplit par ailleurs des fonctions politiques, car le syndicalisme – fut-il étudiant – est politiquevient brouiller le message de « laïcité et de féminisme ».

Plus récemment, c’est le chanteur Médine qui annonce se produire au BataclanMédinesouvenez-vous, dont les paroles de l’album Don’t Laïk appellent à « crucifier les laïcards comme à Golgotha »Médine dont la couverture d’un album de 2005 est un cimeterre représentant le « J » de JihadMédine qui saisit toute la beauté du « vivre ensemble » dans son album Angle d’attaque avec des paroles apaisantes comme « Ces porcs blancs vont loin, Passe-moi une arme de poing, J'vais faire un pédophile de moins ».

Médine, un proche de Tariq Ramadan, de Dieudonné Mbala Mbala, de Kemi Seba et d’Houria Bouteldjaque du beau mondeMédine, « ambassadeur » de l’association  Havre de Savoir laquelle publie des articles et vidéos de Youssef al Qaradawiprédicateur égyptien proche de la mouvance des Frères MusulmansMédine, soutenu par Marwan Muhammadex-directeur du CCIF et également soutien de l’association Ana Muslim dont l’un des théologiens était Adrien Guihal alias Abou Oussama, condamné en France en 2012 pour un projet d’attentat, puis porte-parole de Daech et récemment arrêté par les forces kurdes.

Mais que Médine se rassure, la députée France Insoumise  Danièle Obono n’est pas choquée« Pourquoi ça me choquerait ? C’est un chanteur qui se produit dans une salle de spectacle. Et voilà », a-t-elle récemment déclaré sur BFM TV. Pourquoi cela choquerait ? Pour les 90 morts de novembre 2015 assassinés au Bataclan par l’Etat islamique au nom du jihad, par exemple. Ce qui n’étonne pas, en revanche, c’est l’attitude de la députée Obono qui avait signé, avant d’être élue, une pétition en soutien au rappeur poète qui chantait « Nique la France ».

C’est cette extrême-gauche, côté PCF cette fois, qui appose, à Bezons, une plaque « Allée de la Nakba » accompagnée d’un commentaire mensonger, outrancier et insultantActe politique, en violation flagrante avec le principe de neutralité républicaine dans le domaine internationaldomaine réservé de l’Etat, et étranger à tout intérêt communalActe politique réalisé en présence et avec le soutien de Taoufiq Tahani, ancien président de l'AFPS et actuel président d'honneur.

Taoufiq Tahani qui rend hommage à Georges Habache et Abu Ali Mustapha, respectivement fondateur et secrétaire général de l’organisation terroriste  FPLP et qui était invité en 2016 au congrès du Fatah avec la participation active de membres du Hamas et du FPLP. L’AFPS, cette association qui boycotte les produits israéliens et qui est financée à coups de centaines de milliers d’euros par l’Agence Française du Développement. Ce sont ces boycotteurs qui accusent la France d’être « le laboratoire de l’islamophobie européenne » et de mener une politique officiellementstructurellement islamophobe.

Ne nous méprenons pas, ce sont les mêmes idées qui se diffusent sous couvert de laïcité, de liberté d’expression ou de solidarité internationale et qui drainent une violence inouïe contre ceux qui pensent différemment. La fameuse « convergence des luttes ».

Et le schéma de défense des « offensés » est à chaque fois le mêmeOn agite le paravent de l’extrême-droite et la « Fachosphère », puis on accuse le « Printemps républicain » et les « laïcards » et enfin les « sionistes » d’être à la manœuvre et de comploter contre tel artiste, tel syndicaliste étudiant, tel maire. Il en faut des coupables pour permettre cette victimisation.

On avait pu suivre ce raisonnement biaisé après la découverte des tweets abjects de Meklat et les commentaires scandaleux de Mennel laquelle, rappelons-le, partageait les messages d’islamistes comme Tariq RamadanMarwan Muhammad et Nabil Ennasri, et soutenait des associations comme Baraka City ou le CBSP (considéré comme une organisation terroriste aux Etats-Unis et au Canada).
Le chantage à l’islamophobie est devenu la martingale, le coup imparable. En attendant, les discours se banalisentLes idées aussi. Les idiots utiles allument des contre-feux complotistesPetit à petit, c’est la léthargie, plus rien ne choque, plus rien n’émeut.

La cuisson du homard qui s’endort et ne se réveille pas.

Le 13/06/2018